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Le chômage enregistre sa première inflexion à la baisse depuis la crise


Le chômage en France, à son plus haut niveau depuis dix ans avec la crise, a enregistré sa première inflexion au premier semestre, a indiqué jeudi l'Insee, mais la prudence reste de mise.

Les incertitudes pesant sur l'activité pourraient entraver le redressement du marché du travail tiré actuellement par une fragile reprise de l'intérim.

Au deuxième trimestre, 9,7% de la population active était au chômage en incluant les départements d'outre-mer, contre 10% fin 2009.

En métropole, le taux de chômage est revenu à 9,3%, contre 9,6% fin 2009, après une baisse de 0,1 point au premier trimestre et de 0,2 point au deuxième.

L'Insee a aussi enregistré un net repli du chômage partiel même si l'on n'est pas revenu à la normale, et une érosion du nombre de personnes en CDI.

L'Insee mesure chaque trimestre le nombre de chômeurs, que la personne soit ou non inscrite à Pôle emploi, et indemnisée ou pas.

Son taux de chômage est calculé selon les normes du Bureau international du Travail (BIT), seule base de comparaison internationale.

L'Insee ne publie plus de taux mensuel depuis de graves problèmes statistiques soulevés en 2007 qui ont conduit à un changement de méthode.

"C'est la première baisse significative depuis la crise (...) après 21 mois de hausse", s'est réjouie la ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde, sans se prononcer sur la suite alors que le pronostic de croissance pour 2011 vient d'être révisé à la baisse.

"Il faut rester prudent car on n'a pas encore une baisse massive", selon son secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez, pour qui "l'objectif est d'enclencher la vraie baisse en 2011". Pour l'UMP, il y a "une rupture après 21 mois de crise".

Parallèlement, selon l'Insee, la part des personnes en CDD ou intérim dans les 15-64 ans a augmenté (6,6% au deuxième trimestre) et celle des CDI a continué de diminuer (49%).

La "hausse du chômage est stabilisée" mais l'économie ne recrée pas encore des emplois, intérim excepté, a estimé le vice-président de l'assurance chômage Geoffroy Roux de Bézieux (Medef), pour lequel "on peut espérer" ne pas repasser la barre des 10% de chômage.

Le chômage reste très supérieur au point bas du deuxième trimestre 2008 (7,2% en métropole et 7,6% avec DOM).

Le marché du travail s'était amélioré entre 2006 et 2008 mais la crise a détruit avec une rapidité inédite plus d'un demi-million d'emplois salariés.

Selon l'Insee, la France comptait au deuxième trimestre 2,624 millions de chômeurs alors qu'en Espagne on approche des 4 millions, voire 4,645 millions selon l'Institut national de la statistique espagnol (Ine).

La situation semble en revanche s'améliorer en Allemagne où le gouvernement espère retomber sous les 3 millions cette année.

Au deuxième trimestre, l'Insee n'a enregistré aucune amélioration pour les jeunes entrés dans la vie active, avec toujours 23,3% de chômage en métropole (24,1% avec DOM).

"C'est un phénomène général en Europe, les seniors s'accrochent, leur taux d'activité augmente, les gouvernements ont tiré les leçons et n'ont pas mis en place de préretraites massives tandis que la crise a massivement frappé les jeunes. Pour l'Etat, c'est une bonne affaire car les préretraités coûtent plus cher qu'un jeune au chômage", a commenté Henri Sterdyniak, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Au deuxième trimestre, le taux de chômage pour les 50 ans et plus a baissé de 0,5 point à 6,1%, soit 450.000 seniors au chômage (6,3% avec DOM). Le gouvernement y voit le résultat de la pression mise sur les entreprises.

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