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Dépêches AFP

Climat social à la SNCF: des syndicats tirent la sonnette d'alarme


SUD-Rail et la CFDT-Cheminots ont tiré mercredi, dans des communiqués séparés, la sonnette d'alarme sur le climat social à la SNCF, les deux syndicats évoquant des salariés en "souffrance" et des situations "dramatiques" dans une entreprise en cours de transformation.

Alors que la semaine dernière la direction de la SNCF "a communiqué sur la +bonne dynamique des activités de SNCF-Mobilités+" (branche du groupe chargée de l'exploitation des trains, ndlr) au premier trimestre, pour les cheminots, "la dynamique est celle de la souffrance au travail et de son expression la plus dramatique des suicides", affirme SUD-Rail dans son communiqué.

Annonçant "le suicide" d'un agent de la SNCF, retrouvé décédé "chez lui" début mai, SUD-Rail dénonce "l'arrogance" des dirigeants du groupe et une stratégie de "casse" du "collectif des salariés fondé sur la maîtrise technique et le sens partagé du service public".

La semaine dernière, le syndicat avait annoncé le suicide d'un autre agent, qui s'était "jeté sous un train devant le siège de la SNCF" à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). "La SNCF doit faire la lumière sur les conséquences funestes" d'un "management violent lié aux restructurations" dues à la réforme ferroviaire (votée en juin 2018), écrivait alors SUD-Rail, en critiquant "une politique de privatisation/productivité/suppressions d'emplois".

Pour la CFDT-Cheminots également, "la situation sociale est alarmante" à la SNCF, notamment à cause des "réorganisations permanentes" et des "réductions d'effectifs" avec des "salariés en souffrance et en surcharge de travail", "épuisés", "confrontés à des situations dramatiques". Et les agents managers doivent "assumer des évolutions dont le sens n'est pas donné ou n'est pas déontologiquement acceptable", ajoute le syndicat dans son communiqué.

Face à une direction qui "ne s'engage pas", la CFDT-Cheminots "exige des mesures de protection du personnel applicables immédiatement". Dans un courrier adressé le 9 mai au patron du groupe, Guillaume Pepy, le syndicat relève aussi, sans mentionner directement des suicides, que "trop de drames ont coûté la vie" à des cheminots.

"Il est patent que les entreprises qui ont fait le choix de se transformer trop vite - dans le déni de leur histoire et de leur culture de service public et au détriment des conditions de travail des salariés et de leurs droits sociaux - ont été confrontées à des situations similaires de détresse", écrit dans cette lettre, transmise à l'AFP, le secrétaire général de la CFDT-Cheminots, Didier Aubert. La réponse de la direction à ce courrier "n'est pas à la hauteur des exigences de la CFDT", a estimé le syndicat.

La direction de la SNCF a assuré de son côté à l'AFP que "l'ensemble des manageurs de l'entreprise est parfaitement lucide" quant aux "inquiétudes qui existent dans le corps social" avec la mise en oeuvre de la réforme ferroviaire.

"L'accompagnement humain des transformations doit être au centre de toutes les préoccupations", a déclaré Benjamin Raigneau, directeur des ressources humaines (DRH).

Le groupe va "renforcer des actions déjà engagées de longue date", notamment pour "accompagner les salariés les plus fragiles", et "on va mettre en place en juin un Observatoire de la transformation" qui devra "en permanence vérifier qu'on a mis la question des salariés, de leur accompagnement individuel et collectif au coeur des transformations que nous réalisons", a ajouté M. Raigneau.

La direction a aussi décidé de "réunir prochainement" la commission dédiée à la prévention des risques psycho-sociaux, créée "il y a deux ans", a indiqué le DRH.

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