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Dépêches AFP

Coronavirus: devant "une épidémie qui arrive", l'exécutif monte au front


"On a devant nous une épidémie qui arrive" et il faudra "l'affronter au mieux": à l'image d'Emmanuel Macron, l'exécutif est monté au front jeudi contre le coronavirus, qui a fait un deuxième mort en France.

Avant de s'envoler pour un sommet franco-italien à Naples, le chef de l'Etat s'est rendu à l'hôpital parisien de La-Pitié-Salpêtrière, accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran, pour "remercier" et saluer le personnel médical et la "qualité des soins apportés par le système français".

"On a devant nous une crise, une épidémie qui arrive... On va devoir l'affronter au mieux, avec la vie qui continue. On sait que nous ne sommes qu'au début", a déclaré M. Macron lors d'un échange avec les médecins, dont le professeur Eric Caumes, chef de service des Maladies Infectieuses et Tropicales.

Celui-ci a expliqué au chef de l'Etat qu'il "va y avoir une situation un peu à l'italienne" avec "des chaînes de transmission autochtones", tout en insistant sur le fait que "les deux personnes qui sont décédées en France avaient soit une co-morbidité, soit une autre pathologie".

Moins touchée pour l'instant que l'Italie voisine, la France a recensé 18 cas et deux décès, dont un touriste chinois et ce premier mort français qui n'avait pas voyagé dans les zones à risque. Une enquête est en cours pour retracer le parcours de cet enseignant de 60 ans d'un collège de Crépy-en-Valois dans l'Oise.

- "Calme" et "raison" -

"L'épidémie est probable" mais "il n'y a lieu ni d'avoir peur ni d'être négligent", a souligné Edouard Philippe après avoir reçu à Matignon les chefs de partis représentés au Parlement, les présidents de groupes parlementaires et les présidents d'assemblées.

Le Premier ministre a appelé à la "mobilisation", au "calme" et à la "raison", promettant une "transparence totale" aux Français, face aux "nombreuses rumeurs qui circulent".

Olivier Véran tiendra son point presse quotidien jeudi à 19H00. Il réunira vendredi, avec la ministre du Travail Muriel Pénicaud, les organisations syndicales et patronales "pour faire le point" sur le coronavirus et les "mesures à prendre dans les entreprises".

L'opposition réunie par Edouard Philippe s'est montrée "solidaire" du gouvernement qui "fait le job", hormis Marine Le Pen qui a de nouveau pointé des "incohérences" dans la gestion de la crise et demandé que la France mette en place des "restrictions" aux frontières.

La veille déjà, elle avait critiqué, avec d'autres personnalités politiques comme Ségolène Royal ou le député LR Eric Ciotti, l'autorisation donnée aux supporteurs de la Juventus de se rendre à Lyon pour un match de la Ligue des Champions mercredi soir, quand des enfants français rentrés d'Italie étaient, eux, confinés.

Alors que le coronavirus se propage désormais bien au-delà de la Chine et entraîne des mesures drastiques dans de nombreux pays comme au Japon qui fermé ses écoles, la Bourse de Paris a creusé ses pertes jeudi en début d'après-midi (-3,12%), anxieuse avant l'ouverture de Wall Street.

- Impact économique -

A Paris, les réunions hebdomadaires de la cellule municipale de veille, créée en janvier, deviennent quotidiennes à compter de ce jeudi, pour assurer "une coordination opérationnelle des services sous la responsabilité de la maire" Anne Hidalgo.

La SNCF a pour sa part renforcé son dispositif face à la propagation du coronavirus, fournissant des masques à ses personnels de bord sur les liaisons vers l'Italie du Nord ou en correspondance, et suspendant les voyages professionnels vers un certain nombre de pays et régions à risque.

Les craintes liées au coronavirus rejaillissent sur plusieurs secteurs, dont le tourisme: les réservations des vacanciers français pour plusieurs pays d'Asie, principalement le Vietnam, la Thaïlande et le Cambodge en plus de la Chine, se sont effondrées. Les touristes commencent à s'interroger sur l'Italie, selon les voyagistes.

A Beauvais, la maire, Caroline Cayeux, a souhaité qu'une brigade sanitaire soit mise en place pour les vols en provenance d'Italie à l'aéroport local.

Selon un décompte réalisé par l'AFP, l'impact de l'épidémie liée au coronavirus sur les grandes entreprises françaises avoisine déjà le milliard d'euros de pertes.

Les municipales des 15 et 22 mars pourraient-elles être reportées ? Le gouvernement ne "l'envisage pas" à l'heure actuelle, a indiqué Mme Ndiaye, et l'hypothèse n'a été posée dans "aucune des réunions ministérielles" auxquelles elle a assisté, a-t-elle souligné.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé mercredi soir un 18e cas positif: l'épouse d'un patient hospitalisé à Annecy, un Français de 64 ans, de retour de Lombardie. L'état de santé de ces deux personnes n'inspire pas d'inquiétude.

L'un des autres cas annoncés mercredi est "un homme français de 55 ans actuellement hospitalisé à Amiens et qui est dans une situation clinique grave (...) en réanimation", ainsi qu'"un homme français de 36 ans hospitalisé à Strasbourg", qui "ne présente pas de signe de gravité" et revenait de Lombardie, région italienne la plus touchée par la maladie.

Le nombre de patients guéris en France est à ce jour de douze.

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