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Dépêches AFP

Coronavirus: le dialogue social en mode de crise dans les entreprises


Protection des salariés, réorganisation des tâches, chômage partiel... Confrontés par l'épidémie du coronavirus à des dossiers cruciaux, syndicats et employeurs s'adaptent pour mener le dialogue social en mode de crise, en jonglant avec réunions par téléphone, visioconférences et témoignages de ceux encore sur le terrain.

Cette crise "va durer plusieurs semaines. Il est par conséquent indispensable de maintenir et de renforcer le dialogue social", qui est "essentiel dans cette période", souligne auprès de l'AFP Luc Bérard de Malavas, responsable de mission chez Secafi, un cabinet d'expertise qui conseille les représentants des salariés et qui a "reçu de très nombreuses sollicitations".

"Les prérogatives des comités sociaux et économiques (CSE) perdurent intégralement et leur rôle est d'autant plus important que nous sommes en période de crise aiguë", insiste-t-il.

Les représentants du personnel jouent "un rôle majeur", non seulement pour "la mise en oeuvre des mesures" nouvelles, en matière de protection des salariés (quelles meilleures pratiques?) ou de chômage partiel (quelles conditions financières?), mais aussi pour le suivi de ces mesures, leur éventuelle adaptation, ajoute-t-il. Car "des problèmes peuvent survenir", des modifications s'avérer nécessaires, en fonction de l'évolution de l'épidémie.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, relevait elle-même dimanche sur RTL que "le dialogue social est essentiel dans l'entreprise", notamment pour la protection sanitaire des salariés qui sont "sur le front".

Cependant, "les réunions physiques sont devenues quasi impossibles, ce qui évidemment pose des difficultés", note M. Bérard de Malavas. "Très souvent, des réunions de CSE se tiennent à distance", "en mode dégradé", par visioconférence (ce qu'autorise la réglementation) ou par téléphone (si les partenaires sociaux "en sont tous d'accord").

- Satisfaisant "par défaut" -

Chez ArianeGroup, où la production redémarre progressivement après plusieurs jours d'arrêt et de désinfection des sites, la crise a conduit syndicats et direction à multiplier les échanges d'informations, "y compris le samedi", indique Jean-Marc Lavoix de la CFDT.

Les CSE des différents établissements et le CSE central du groupe se sont plusieurs fois réunis depuis le début du confinement. L'outil privilégié, c'est la téléconférence et si "quelques personnes participent physiquement aux réunions, elles respectent une distance de sécurité de 1,50 mètre" entre elles, précise M. Lavoix.

La téléconférence (audioconférence, par téléphone, ou visioconférence, via internet) s'impose "par défaut. C'est le mieux aujourd'hui, mais ça ne remplacera jamais les rencontres en face à face. Les réseaux télécoms sont saturés, c'est compliqué de se connecter, il y a beaucoup d'interférences et par moment, ça coupe", regrette-t-il. Toutefois, "on ne peut pas dire que ce soit une entrave à la discussion".

Un outil à distance également de mise chez LafargeHolcim, Alstom ou Renault. "On a cessé toute rencontre physique. Le dialogue social a lieu à distance", avec "des réunions de crise par visioconférence", ce qui requiert "de la rigueur dans l'organisation" et les prises de parole, prévient Guillaume Ribeyre, délégué CFE-CGC du constructeur automobile.

A Air France, la première semaine du confinement, une réunion sur l'exploitation aérienne a rassemblé une centaine de personnes pendant quatre heures, en visioconférence. "La vie syndicale ne va pas s'arrêter" à cause de l'épidémie, résume Olivier Lavielle du SNGAF, dont l'organisation a installé une permanence pour répondre aux interrogations des salariés.

Pour les cheminots de la SNCF, la mi-mars a inauguré une série de téléconférences sur la crise du Covid-19, réunissant direction et syndicats. "C'est plutôt constructif" et, au fil des jours, il y a eu "de moins en moins de problèmes remontés" du terrain, apprécie Laurent Brun de la CGT-Cheminots. "En interne", ce syndicat organise "un point quotidien avec ses secteurs régionaux".

"Nos élus et militants se déplacent sur le terrain, dans le cadre de leur travail. Ils vérifient si les consignes sanitaires sont respectées", explique Erik Meyer de SUD-Rail. Et pour les CSE, "on a obtenu des ordres du jour allégés, sans dossier complexe, sans restructuration. Juste les informations liées à la crise".

er/bfa/dlm

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