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Dépêches AFP

Education: l'OCDE dévoile mardi l'enquête Pisa, une référence malgré des critiques


Les systèmes éducatifs font-ils réussir leurs élèves à travers le monde? Soixante-dix-neuf pays retiennent leur souffle avant la parution mardi de Pisa, l'étude de référence que l'OCDE dévoile tous les trois ans.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) établit depuis 2000 ce Programme international pour le suivi des acquis des élèves, plus connu sous l'acronyme Pisa, pour évaluer les compétences en sciences, en mathématiques et en compréhension de l'écrit.

Lors de la dernière édition publiée en 2016, les pays asiatiques --Singapour en tête-- avaient caracolé en tête, tandis la France s'était située dans la moyenne.

D'abord regardée avec méfiance par des décideurs nationaux, l'enquête est devenue un baromètre incontournable pour les gouvernements, qui l'invoquent pour justifier des choix de politique éducative.

Malgré plusieurs critiques la visant, cette vaste étude (600.000 jeunes testés au total) est riche d'enseignements. Pour la septième édition publiée mardi, la compréhension de l'écrit a été retenue comme "dominante", comme en 2000 et 2009.

- La problématique du palmarès -

Pisa teste des élèves de 15 ans, choisis de manière à constituer des échantillons représentatifs. Comme dans tout sondage, il y a des marges d'erreurs dont il faut tenir compte.

Pour Julien Grenet, chercheur à l'Ecole d'économie de Paris et spécialiste de l'économie de l'éducation, la "dimension palmarès" de Pisa est "fragile car cela ne repose pas sur de très gros échantillons. En France par exemple, 5.000 à 6.000 élèves sont testés, "soit 8 élèves sur 1.000", regrette-t-il.

"Il faut aller au-delà des simples classements", assure Thierry Rocher, chef du bureau des évaluations des élèves à la Depp, la division des statistiques du ministère de l'Éducation.

Selon lui, ce qui est important, c'est de pouvoir analyser les forces et les faiblesses de chaque système éducatif.

"En France, on apprend surtout (aux élèves) à connaître par coeur les bonnes réponses, pas trop à les chercher", relève ainsi Andreas Schleicher, directeur du département éducation à l'OCDE, dans un entretien au JDD paru dimanche.

Pour bien appréhender l'enquête, il faut analyser la position d'un pays au sein d'un groupe de pays comparables: par exemple, la France par rapport aux 35 pays riches de l'OCDE.

Et ne pas oublier qu'une partie non négligeable des enfants de 15 ans ne sont plus scolarisés dans plusieurs des quelque 35 autres pays ou territoires participants.

- Un "biais culturel" ? -

Loin d'être défavorisés par les questionnaires à choix multiples (qui représentent un gros tiers des questions posées), les élèves français affichent en général de meilleures performances sur ce format, pourtant peu pratiqué dans l'Hexagone.

Les petits Français "répondent moins quand la question est ouverte, quand il faut rédiger", note Fabienne Rosenwald, directrice de la Depp. Cela "pose des questions sur notre système éducatif, dans lequel les élèves sont plus anxieux, ont peur de l'erreur", ajoute-t-elle.

Les meilleurs résultats Pisa ont été jusqu'ici obtenus par des pays de culture très différente (Corée du Sud, Canada, Finlande...). Les pays anglo-saxons (Etats-Unis ou Royaume-Uni) ne brillent pas particulièrement.

- Des enseignements fondamentaux -

Pisa a permis de mettre en lumière de façon plus pertinente le poids de l'origine sociale d'un élève sur ses performances scolaires, bien plus marqué en France que dans les autres pays de l'OCDE, souligne M. Grenet. Ces conclusions sont tirées des questionnaires dits "de contexte", qui demandent aux élèves des informations sur leur milieu social et familial, et leur ressenti sur l'école.

L'enquête internationale a "joué un rôle de prise de conscience", a aidé à la refonte de la carte de l'éducation prioritaire, avec un meilleur ciblage des moyens, et aiguillonné les tentatives de mixité sociale dans les écoles, relève Thierry Rocher.

Autre enseignement tiré de Pisa à "regarder attentivement" pour cette édition, selon lui: l'évolution de la part des élèves en difficulté.

Pisa a aussi permis, selon M. Grenet, de mettre en avant le fait que "les élèves français ont du mal à appliquer leurs connaissances à la vie courante, et à exercer leur sens critique".

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