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Dépêches AFP

Emploi chez Ryanair: "le chantage n'est jamais une voie", estime Le Maire


La préservation de l'emploi ne doit pas passer "par le chantage", a déclaré mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, à l'heure où le syndicat majoritaire chez Ryanair en France dénonce "un chantage au licenciement" exercé par la compagnie aérienne irlandaise.

Interrogé sur RTL sur ce conflit, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a estimé mardi que le chantage n'était "jamais une voie".

"En revanche, qu'il y ait des accords d'entreprise de longue durée qui permettent de préserver l'emploi, en inventant des dispositifs imaginatifs (..) ça oui, c'est même souhaitable", a ajouté le ministre, pour qui "la préservation de l'emploi, elle passe aussi par des solutions imaginatives mais certainement pas par le chantage".

Sa collègue chargée du Travail, Muriel Pénicaud, s'est dite de son côté "choquée" et a appelé Ryanair à "revoir sa copie", en réunissant "d'urgence" son comité social et économique (CSE), pour "discuter vraiment, mais pas comme un chantage".

Depuis 2017, un dispositif d'"accord de performance" permet à une entreprise d'ouvrir des discussions sur le temps de travail ou les rémunérations, en contrepartie d'un engagement à ne pas licencier, ou à augmenter à nouveau les salaires quand la situation économique s'améliore, a-t-elle souligné sur BFM Business.

Ce type d'accord a été instauré "dans un esprit qui n'est pas du tout celui qu'utilise Ryanair", selon elle. La compagnie low cost le fait "sous forme de chantage" alors qu'elle "a été assez spécialiste d'une politique sociale bas de gamme", a-t-elle jugé.

Comme d'autres entreprises, Ryanair a bénéficié d'aides de l'Etat sous forme de prise en charge du chômage partiel, a encore observé Mme Pénicaud: "On les a aidés, ils ne jouent pas le jeu".

Le SNPNC-FO, syndicat majoritaire chez Ryanair en France, a dénoncé lundi "un chantage au licenciement" de la compagnie irlandaise sur son personnel dans l'Hexagone pour obtenir des baisses des salaires, en utilisant le "prétexte" du coronavirus.

Dans un mail envoyé le 15 mai aux élus du personnel navigant commercial (PNC, hôtesses et stewards), la direction menace de "licencier 27 personnes" si le SNPNC-FO "ne s'engage pas rapidement à accepter des baisses de salaires".

D'après ce mail, la direction de Malta Air (groupe Ryanair), qui opère pour la compagnie irlandaise en France, veut diminuer de 10% la rémunération de ses quelque 180 PNC, pendant cinq ans, jusqu'au 30 juin 2025.

Pour les hôtesses et stewards payés au Smic, la compagnie entend réduire leur temps de travail à 80%.

Interrogé sur ces informations, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a estimé que Ryanair ne respectait "ni la fiscalité, ni ses salariés, ni les travailleurs, ni personne".

"Arrêtons de prendre Ryanair pour se déplacer (...). Ce type d'entreprise prospère sur la logique low cost", a commenté sur France Info M. Berger, pour qui la compagnie irlandaise "pressure ses salariés depuis des années".

Son homologue de FO, Yves Veyrier, a dénoncé sur LCI les "comportements de prédateur" de Ryanair, qui mène selon lui un "chantage à l'emploi" en utilisant la crise du Covid-19 comme un "effet d'aubaine".

vac-ab/bfa/shu

RYANAIR HOLDINGS PLC

PNC FINANCIAL SERVICES GROUP

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