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Dépêches AFP

L'emploi s'était bien redressé cet été... avant le reconfinement


Les créations d'emplois ont fortement rebondi au troisième trimestre, confirmant que l'économie française était bien repartie cet été avant la reprise de l'épidémie qui va mettre à mal cette embellie.

Selon l'estimation provisoire de l'Insee publiée vendredi, l'emploi salarié privé a progressé de 1,8% entre juillet et septembre, ce qui correspond à 344.400 créations nettes.

Cela ne suffit certes pas à rattraper les destructions du premier semestre (650.000 dans le privé): sur un an, l'emploi salarié reste ainsi en recul de 1,1%, soit 214.000 postes en moins.

Mais il retrouve un niveau comparable à celui de fin septembre 2018 et c'est "une surprise positive" pour Sylvain Larrieu, chef de la division synthèse et conjoncture du marché du travail à l'Insee.

"On avait prévu 150.000 créations d'emplois dans le secteur privé. C'est donc plus de deux fois supérieur à nos anticipations", commente-t-il.

L'Insee avait pourtant prévu le redressement de l'intérim, "qui était déjà visible dans les données mensuelles de juillet et d'août".

L'intérim a ainsi progressé de 23,5% (+135.900 emplois) après +22,9% au trimestre précédent. Il avait chuté avec une ampleur historique au premier trimestre (-40,4%).

Mais la surprise vient des services, les plus affectés au 1er semestre, où "l'emploi salarié a rebondi beaucoup plus fort qu'on pensait", explique M. Larrieu.

Les services marchands, qui avaient perdu 212.000 emplois au deuxième trimestre, en ont ainsi regagné 162.000, sans qu'il soit à ce stade possible de faire la part entre les différents secteurs. Et dans les services non marchands, la hausse est de 37.000.

Dans la construction, l'emploi (toujours hors intérim) augmente de 1,1% après une quasi-stabilité au trimestre précédent (soit +15.900 emplois). Il dépasse son niveau d'avant-crise et progresse de 1,7% sur un an.

Le redressement est moins visible dans l'industrie, où l'emploi baisse de 0,2% (soit -4.900), mais nettement moins qu'au trimestre précédent (-0,9%).

- L'intérim déjà impacté par la deuxième vague -

Pour Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision à l'OFCE, cette "bonne nouvelle" confirme qu'avant la deuxième vague de l'épidémie, "toutes les informations qui nous arrivaient étaient meilleures qu'attendu".

Au troisième trimestre, le PIB a progressé de 18,2%, alors qu'on s'attendait à 16%, rappelle-t-il.

Cela a permis une diminution de 11% du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans activité) au troisième trimestre, même si une partie d'entre eux n'ont pas quitté Pôle emploi pour autant puisqu'ils se sont retrouvés dans les catégories B et C (activité réduite), ayant repris un poste en intérim ou en temps partiel.

Et les chiffres pour l'emploi des jeunes étaient aussi encourageants, avec quasiment autant d'embauches en septembre qu'un an avant, selon le ministère du Travail qui y voit en partie un effet de son plan jeunes.

Malheureusement, comme le résume M. Heyer, "si le déconfinement a provoqué un rebond plus fort que prévu de l'économie, il a aussi fait repartir l'épidémie".

L'impact s'est fait sentir dans certains secteurs dès septembre avec le retour de certaines restrictions.

Dans l'intérim, généralement présenté comme un indicateur avancé de l'emploi, "le redressement s'est interrompu dans le commerce et les services", notait ainsi la fédération du secteur Prism'emploi dans son baromètre de septembre publié fin octobre.

Dans les services, "l'intérim est à la fois pénalisé par la situation des métiers de l'hôtellerie-restauration et du tourisme, et par la généralisation du télétravail dans les métiers de la finance/assurance/comptabilité, moins propice au recours à l'intérim", expliquait-elle.

Et cela ne va faire que s'aggraver avec le reconfinement, dans des proportions encore difficile à mesurer et qui rendent les prévisions économiques pour la fin de l'année et 2021 compliquées.

"On ne sait pas combien de temps le confinement va durer, ni comment va se passer ensuite le déconfinement. Est-ce qu'on va faire une politique de stop and go, ou est-ce qu'on fait un déconfinement plus contrôlé mais avec une reprise économique moins forte ?", s'interroge M. Heyer.

Du fait de ces incertitudes, l'Insee prévoit de faire des points de conjoncture toutes les deux semaines, l'un focalisé sur l'emploi mi-décembre.

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