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Dépêches AFP

Les entreprises doivent être "vigilantes à la qualité humaine du redémarrage" (ANDRH)


Transparence et bienveillance: les entreprises devront "être extrêmement vigilantes à la qualité humaine du redémarrage" à partir du 11 mai, face à des salariés fragilisés par une crise sanitaire inédite, explique à l'AFP Benoît Serre, vice-président de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH).

Question: Quels sont les défis posés aux entreprises par le déconfinement?

Réponse: Les entreprises sont actuellement totalement concentrées sur leur plan de reprise de l'activité, avec une visibilité à deux ou trois mois. Pour elles, le premier défi est sanitaire puisqu'elles doivent garantir que leurs collaborateurs reviennent travailler sur un site sain.

Le deuxième grand défi tient aux mesures de distanciation qui vont s'appliquer durablement car on entre dans une phase intermédiaire, de plusieurs mois probablement. Par exemple, pendant un, deux ou trois mois, certaines entreprises ne pourront pas rouvrir complètement leurs services centraux. On entre dans une inconnue managériale complète, avec une partie de l'entreprise qui n'est pas sur site mais en télétravail à cause du nombre de places limité.

Il faut décider qui on fait revenir, quels sont les projets à conduire à très court terme. Il y a un vrai plan de déconfinement à créer pour donner de la visibilité aux salariés.

Question: Quel va être l'effet du déconfinement sur l'organisation du travail?

Réponse: Il y a des entreprises et des organisations qui vont devoir fonctionner selon des schémas qu'on ne connaît pas. Il va falloir repenser certains éléments de temps de travail, certaines manières de collaborer.

Le télétravail va se poursuivre au-delà du 11 mai et certaines entreprises vont devoir changer leur modèle de management. Cela va sans doute avoir un impact sur le modèle très présentéiste observé jusqu'ici en France. On peut imaginer que certaines entreprises sauront tirer les enseignements de cette crise et pourront adapter leur organisation du travail.

Une des grandes inconnues est l'état de fatigue, d'engagement ou de motivation dans lesquels les gens vont revenir travailler après plusieurs semaines de confinement. Au-delà de la capacité à faire revenir des gens, il va falloir reconstituer l'unité de l'entreprise, le collectif de travail.

Les entreprises doivent conduire des plans de redémarrage clairs pour les prochaines semaines et les prochains mois, car on ne repartira pas comme avant. La transparence est fondamentale, sinon on ajoutera de l'inquiétude à l'inquiétude et on aura des collaborateurs ni motivés, ni engagés. Il faudra également de la bienveillance et de l'écoute. Les entreprises doivent être extrêmement vigilantes à la qualité humaine du redémarrage.

Question: Dans cette phase, quelle doit selon vous être la place du dialogue social?

Réponse: Le dialogue social est très important. Il ne s'est jamais vraiment arrêté et il va devenir extrêmement dense car il va porter sur les conditions de reprise, sur l'état de l'entreprise, etc. Le rôle de la direction et des représentants du personnel est de créer les conditions de reprise les plus sereines possibles.

Il faudra notamment répondre à la question que beaucoup se posent: quand vais-je pouvoir prendre des vacances? Il ne faudrait pas qu'en septembre, les gens soient totalement épuisés, après des semaines de tension sociale. Quant au sujet du temps de travail, il doit passer par des négociations, entreprise par entreprise.

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