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Dépêches AFP

Evaluations à l'école: un recadrage du ministère aux profs récalcitrants fâche les syndicats


Un courrier du ministère de l'Education adressé la semaine dernière aux directeurs académiques et aux recteurs pour recadrer les enseignants qui ont refusé de faire passer les évaluations à leurs élèves, a sérieusement irrité les syndicats, interrogés par l'AFP.

Dans ce courrier du 8 mars, publiée en début de semaine par la lettre spécialisée "Le café pédagogique", le directeur des ressources humaines du ministère, Edouard Geffray, souligne avoir été alerté par le fait que certains professeurs ont "refusé de faire passer les évaluations de CP, de CE1, ou de 6ème, ou d'en transmettre les résultats".

Pour le ministère, ces évaluations permettent d'avoir un portrait très précis du niveau de l'élève. Elles sont à l'inverse décriées par les syndicats, qui les jugent inutiles, facteurs de stress, ou plus ou moins exploitables selon les conditions dans lesquelles elles sont réalisées.

"Le refus de procéder à l'évaluation des élèves constitue une faute professionnelle", écrit Edouard Geffray dans son courrier, en demandant de veiller à "apprécier le comportement de chacun des professeurs concernés et le respect de la procédure disciplinaire".

Interrogé jeudi par l'AFP, M. Geffray estime que les professeurs récalcitrants ne sont pas très nombreux: "ce n'est pas massif". Mais "ce type de comportement se fait au détriment de la politique éducative du ministère, ce n'est pas acceptable", dit-il.

Son rappel à l'ordre a été très mal reçu par les syndicats. Le Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire) dénonce ainsi une "crise d'autoritarisme". "Le ministère tente un passage en force", s'indigne Francette Poppineau, secrétaire générale du syndicat. "Il y a un décalage entre ce genre de prescriptions et ce qui se passe sur le terrain avec des professeurs qui évaluent chaque jour les progrès et les réussites de leurs élèves", poursuit-elle.

"Il y a un franchissement de cap", s'agace aussi Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-Unsa, regrettant l'envoi de cette lettre "sans autre mode d'échange, notamment avec les organisations syndicales". "C'est mettre sous tension tout le système éducatif et, de toute façon, contre-productif", poursuit-il.

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