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Dépêches AFP

"Il faut s'accrocher": les salariés en chômage partiel un peu désorientés


"J'ai perdu mon rythme", "tout est incertain": encore à des niveaux importants face au Covid-19, le chômage partiel est une source de déprime et d'inquiétudes pour certains, mais aussi une occasion de se former et de s'interroger sur le sens du travail.

Utilisé largement depuis près de six mois, soit dès le début du confinement mi-mars pour "éviter des licenciements", le dispositif d'activité partielle (ou chômage partiel) concernait encore 1,3 million de salariés du secteur privé en août, selon les dernières données du ministère du Travail publiées mercredi.

Au plus haut, en avril, jusqu'à 8,6 millions de salariés ont été concernés par la mesure permettant d'indemniser les salariés à hauteur de 84% de leur salaire net, avec une prise en charge du coût pour les entreprises par l'Etat et l'Unédic de 85% actuellement.

Pour ceux qui restent dans le dispositif depuis la rentrée, il faut apprendre à "utiliser le temps".

Astrid Redel, 32 ans, salariée dans une agence de voyage à Paris, raconte à l'AFP "le boulot qui s'est arrêté net" dès le 20 mars. Elle a pu reprendre progressivement au printemps et travaille désormais trois jours par semaine.

"Je pense que ce sera comme ça jusqu'à la fin de l'année", dit-elle, car la clientèle de sa conciergerie privée (qui compte une autre employée et le patron) "voyage exclusivement dans les palaces parisiens" où le taux d'occupation est faible.

"On est hyper chanceux avec le système français", se félicite la jeune femme, qui perd "200 euros par mois" et n'a "pas l'impression de voler l'Etat".

Pleine d'allant face à une activité "plus comme avant", elle a décidé de se lancer dans des formations, un univers qui lui était resté jusque-là inconnu.

- "En courant alternatif" -

Beaucoup moins serein et plus gêné financièrement, un employé dans l'hôtellerie de 48 ans, qui ne travaille aujourd'hui que "quelques heures par semaine", se dit "un peu inquiet" pour son emploi, "un peu beaucoup même", relevant que "tout est incertain".

Egalement dans un secteur en difficultés, Nadya, 31 ans, salariée d'une société de service dans l'aéronautique et en chômage partiel à 100% depuis mi-juillet, affirme, elle, que "c'est très, très déprimant".

"Je suis quelqu'un de très actif. J'ai perdu mon rythme. Là, je me lève, je sors mon chien, je ne fais rien", ajoute la jeune femme qui a "essayé de faire du sport" et apprend le chinois.

"Pas inquiète" pour son emploi, elle rapporte que pour les deux premiers mois, les managers "ont donné leurs journée de vacances", ce qui lui a permis d'avoir 100% de son salaire, qui devrait baisser d'environ 15% en septembre.

Pas de problème de fins de mois pour Matthieu, 45 ans, cadre dans un grand groupe de conseil, mais des interrogations en pagaille.

Actuellement en chômage partiel un jour et demi par semaine, il rapporte qu'au départ "c'était assez perturbant".

"Pour la première fois, je me suis retrouvé confronté à une entreprise qui me dit: +on n'a pas besoin de toi!+. On réalise qu'on est une potentielle variable d'ajustement", dit-il.

"Dans un deuxième temps, éthiquement tu te dis: +c'est l'Etat qui me paye à ne rien faire+", ce qui est "un peu culpabilisant" quand on a "une rémunération assez importante", poursuit-il.

"Et puis vient une troisième phase où tu trouves ça assez confortable", même si c'est compliqué de travailler "en courant alternatif", l'entreprise ayant des consignes "ultra strictes" sur le chômage partiel comme de ne pas ouvrir son ordinateur.

In fine, "ça a changé le rapport à l'entreprise, au travail, à l'investissement", poursuit-il. "Tu découvres qu'il y a des gens qui ont un autre rythme que toi, en gagnant moins, et qui n'ont pas l'air tellement malheureux. Le modèle +travailler plus pour gagner plus+ est un peu requestionné".

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