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Dépêches AFP

Le gouvernement sous pression à l'heure du "Ségur de la santé"


Le gouvernement va donner lundi le coup d'envoi de son "Ségur de la santé", attendu de pied ferme par le personnel soignant, qui entend maintenir la pression sur l'exécutif après dix semaines d'une crise sanitaire sans précédent.

Hausse des salaires, temps de travail, gouvernance des hôpitaux... "Nous irons vite, nous irons fort", a promis mercredi le ministre de la Santé, Olivier Véran, en présentant le cadre de cette concertation, destinée à améliorer les conditions de travail et la prise en charge des malades.

Coronavirus oblige, les responsables syndicaux et collectifs de soignants appelés au chevet de l'hôpital ne seront pas reçus physiquement, mais réunis lors d'une visioconférence. Cette dernière débutera à 15H30 par un message du Premier ministre Edouard Philippe.

Selon des sources syndicales, près de 300 personnes devraient participer à ce "Ségur de la santé", du nom de la rue où est implanté le ministère. Parmi eux: des représentants des hôpitaux, mais aussi des Ehpad, des établissements médico-sociaux et de la médecine de ville.

Les discussions, coordonnées par l'ex-secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat, dureront sept semaines. Elles prendront la forme de "groupes de travail" et de "partage d'expérience" sur le Covid-19, selon le ministère.

L'objectif, c'est de "tirer les conclusions" de ces concertations "au plus tard à la mi-juillet", a prévenu Olivier Véran, disant vouloir inscrire certaines des mesures retenues dans le prochain budget de la Sécurité sociale, présenté fin septembre.

Un délai qui ne va pas sans susciter des inquiétudes. "Si tout doit être bouclé d'ici au 15 juillet, les marges de manoeuvre vont être très limitées pour la négociation", regrette auprès de l'AFP un responsable syndical, pointant le risque d'une "simple consultation".

"Le fait que ça démarre vite est un bon signal" mais "à condition que le gouvernement ne cherche pas à solder trop vite et à peu de frais le passif qui est lourd à l'hôpital", a prévenu sur RFI le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier.

- "Bousculer les corporatismes" -

Ce "Ségur de la santé" répond à la promesse d'Emmanuel Macron, qui avait évoqué fin mars "un plan massif d'investissement et de revalorisation" pour l'hôpital, dont la crise sanitaire a révélé les faiblesses et les dysfonctionnements.

Depuis 2017, plusieurs réformes ont pourtant vu le jour, dont "Ma santé 2022", censée renforcer le système de santé "pour les 50 années à venir". Mais ces plans successifs n'ont pas réussi à calmer la colère des soignants, agacés par le manque de moyens.

"Nous avons fait le bon diagnostic, nous avons pris les bonnes orientations. Mais nous n'avons été ni assez vite ni assez fort", a concédé mercredi Olivier Véran, en promettant de "bousculer les corporatismes" et les "habitudes".

Au coeur des attentes: le salaire des personnels hospitaliers, et notamment des infirmiers, parmi les plus faibles des pays de l'OCDE. L'objectif est d'atteindre un "niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne", a prévenu M. Véran.

Autre question clé: l'organisation du temps de travail, source de tensions récurrentes dans les hôpitaux. La réforme "passera par une remise en question de certains carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage", a indiqué M. Véran.

Une question sensible pour les syndicats, attachés aux 35 heures. "Il ne faut pas pervertir ce +Ségur de la santé+ en brandissant un totem de remise en cause des 35 heures", a prévenu le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Ce cycle de discussions sera enfin l'occasion pour l'exécutif de préciser ses intentions en matière d'investissement et de reprise de dette des hôpitaux, et les réformes qu'il souhaite mener afin d'améliorer la "gouvernance" du système de soins.

Des mesures attendues avec impatience par les soignants, qui ont prévu plusieurs journées de mobilisation pour "faire pression" sur le gouvernement, forts du soutien dont ils bénéficient dans l'opinion publique depuis la crise du Covid-19.

"On va attendre de voir si le gouvernement tient ses engagements", a averti Asdine Aissiou, délégué CGT à la Pitié-Salpêtrière. Sinon, "dans la rue, il n'y aura pas que des blouses blanches, mais tous ceux qui étaient sur les balcons".

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