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Dépêches AFP

Grand débat: la solution "ne passe pas par plus de redistribution" (Le Maire)


Le redressement économique de la France "ne passe pas par plus de redistribution" mais par la "création de richesse", a déclaré vendredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, mettant en garde en plein grand débat contre les "vendeurs d'illusions".

"Je vois bien les débats actuels, pendant la crise des gilets jaunes: j'ai parfois le sentiment qu'on trompe les Français en leur disant que la solution c'est plus de redistribution", a déclaré M. Le Maire, en ouvrant à Bercy une journée de débats sur les réformes économiques en France.

"Mais le redressement français ne passe pas par plus de redistribution fiscale. Le redressement français passe par plus de création de richesse, plus d'innovation, plus d'investissement", a poursuivi M. Le Maire, au dernier jour du "grand débat national".

Selon le ministre de l'Economie, qui a appelé à avoir "le courage de dire les choses" avec "force" et "simplicité", "il y a déjà beaucoup de redistribution fiscale dans notre pays".

"On peut certainement encore améliorer les choses, corriger des injustices". Mais "ce n'est pas parce qu'on aura été prendre un peu plus d'argent aux riches qu'on aura amélioré la situation de ceux qui souffrent. C'est parce qu'on aura ouvert des usines, créé des emplois, développé des entreprises", a-t-il poursuivi.

Ces propos surviennent alors que le grand débat lancé par Emmanuel Macron, qui s'achève vendredi, a fait apparaître un fort désir de justice fiscale au sein de la population, et donné lieu à de multiples propositions destinées à renforcer l'imposition des ménages les plus aisés pour alléger celui des plus modestes.

"Je ne crois pas à ces solutions de facilité", a déclaré M. Le Maire, pour qui "une des vraies réponses à la crise des gilets jaunes" est "la réindustrialisation". Cela doit "nous amener à poursuivre notre politique de transformation économique", a-t-il poursuivi, en critiquant les "vendeurs d'illusion".

"Ceux qui ont provoqué le Brexit en Grande-Bretagne ne sont pas ceux qui gèrent le chaos aujourd'hui, et ceux qui vendent à la France l'illusion d'un redressement sans effort, uniquement par la redistribution, ne seront pas ceux qui paieront les pots cassés demain", a-t-il conclu.

S'exprimant quelques minutes plus tard à la tribune de cette conférence réunissant experts et universitaires dont le Nobel d'économie Jean Tirole, le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a jugé nécessaire quant à lui de "garantir une fiscalité équitable pour lutter contre les inégalités".

"Je pense que la réindustrialisation des territoires, la mutation des territoires, est une clé pour l'avenir". Mais "je ne vois pas de contradiction entre la réindustrialisation, la relance productive et la redistribution et la justice sociale", a poursuivi l'ancien ministre socialiste.

"Il sera très difficile d'obtenir un consentement à l'impôt fort de la part des couches populaires et de certaines classes moyennes si elles ont le sentiment que les plus riches sont dans une forme d'évitement", a justifié M. Moscovici, tout en appuyant les objectifs fixés par Bruno Le Maire en matière de réformes économiques et de réduction de la dette publique.

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