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Microcrédit: "L'Adie m'a donné le coup de pouce dont j'avais besoin"


Loïc Altairac est aujourd'hui un homme heureux: après un licenciement, il a monté son entreprise de fabrication d'objets en inox et les clients sont au rendez-vous. "Mis sur la touche" par les banques, il a bénéficié d'un microcrédit, qui a rendu possible sa reconversion.

A 44 ans, cet ancien salarié est désormais son propre patron. Avec les avantages mais aussi les inconvénients de ce nouveau statut: "Je n'ai pas le même salaire, ni la stabilité d'avant."

Tout bascule pour lui fin 2008. Ce technico-commercial en hygiène agroalimentaire, basé à Lecelles, dans le Nord, est licencié par son entreprise après un arrêt maladie de longue durée.

"Cela a bouleversé ma vie", raconte-t-il. Pendant sa convalescence, il a eu, dit-il, "le temps de réfléchir". "J'avais envie de monter une entreprise depuis une quinzaine d'années, mais je n'avais jamais sauté le pas."

Pour son plaisir, il soude de l'inox et confectionne des objets. Un ami lui suggère d'en "faire son métier".

Mais, à la suite de sa perte de revenus, il est pris dans une spirale pour rembourser les prêts contractés pour l'achat de sa maison et des travaux. "Il m'était impossible de demander un nouveau crédit pour monter une entreprise", raconte-t-il.

Les banquiers qu'il rencontre lui opposent en effet une fin de non-recevoir. "Ils m'ont conseillé de vendre ma maison, c'était hors de question." "Ils m'ont mis sur la touche", estime-t-il.

Loïc Altairac décide tout de même de créer son entreprise "avec des bouts de ficelle". Ses fonds propres sont des avances sur chantier.

Très vite, il trouve des débouchés pour les escaliers, rambardes, baignoires et autres mobiliers en inox qu'il fabrique. Mais, pour véritablement démarrer, il lui faut un fonds de roulement.

C'est par hasard, lors d'une formation, qu'il entend parler de l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique), l'une des principales pourvoyeuses de microcrédit en France.

L'Adie se substitue aux banques en prêtant directement quelques milliers d'euros maximum aux personnes exclues du marché du travail et du système bancaire classique, avec des taux d'intérêt aux alentours de 10%.

M. Altairac obtient un prêt de 8.000 euros, remboursable en trois ans. Une grosse partie de la somme lui a permis de participer à un salon et de trouver de nouveaux débouchés. Avec le reste, il a pu acheter du matériel.

"Après ne pas avoir été écouté par les banques, j'étais surpris qu'on puisse m'aider", dit-il. "L'Adie m'a donné le coup de pouce dont j'avais besoin."

Aujourd'hui, il peine à subvenir à la demande et "plafonne en chiffre d'affaires". Il apure ses dettes, qu'il "traîne comme un petit boulet", et espère faire grossir son entreprise en embauchant.

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