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Dépêches AFP

Investissements étrangers: la France va blinder son dispositif "anti-pillage"


La France va renforcer son dispositif pour empêcher le "pillage" de ses secteurs stratégiques, en élargissant le décret dit Montebourg de 2014 sur les investissements étrangers, au numérique et à l'intelligence artificielle.

"N'ayez aucun doute, la France est un pays ouvert et nous voulons construire une France attractive", a affirmé le ministre des Finances, Bruno Le Maire, lors de la présentation de ce qu'il a défini comme la "doctrine" de son gouvernement sur les investissements étrangers, à l'occasion de ses voeux aux acteurs économiques à Bercy.

"Ouverture ne veut pas dire pillage, le pillage de nos technologies, de nos savoir-faire, de nos compétences", a-t-il ajouté, soulignant que les investisseurs étrangers étaient "les bienvenus" en France.

Mais à la condition qu'ils s'inscrivent dans "le long terme", qu'ils soient "respectueux de nos règles et qu'ils se traduisent en retour par une ouverture des marchés extérieurs", a-t-il ajouté, refusant les investissements qui ne viseraient qu'à acquérir des technologies dans des secteurs sensibles.

Pour y parvenir, le gouvernement va renforcer le décret élaboré par Arnaud Montebourg au printemps 2014, juste après l'annonce du rachat de la branche énergie d'Alstom par l'américain General Electric, en élargissant à l'énergie un texte datant de 2005.

Le gouvernement de l'époque ne l'avait pas utilisé pour empêcher cette opération, mais il avait obtenu des contreparties dans les négociations avec GE, notamment sur l'emploi.

M. Le Maire, qui avait annoncé son intention de renforcer le décret la semaine dernière en Chine où il accompagnait le président Emmanuel Macron, a précisé que "la doctrine" disposait de deux volets, l'un français et l'autre européen.

"Au niveau national, elle nous amènera à compléter le décret sur les investissements étrangers en France dans deux directions: en élargissant le décret à de nouveaux secteurs économiques comme le stockage des données numériques ou l'intelligence artificielle et en élargissant les modalités de sanction", a-t-il affirmé.

Selon des sources de Bercy, le ministre fera des propositions dans ce sens à M. Macron et au Premier ministre, Edouard Philippe, "dans les semaines qui viennent", soulignant le besoin de "protéger" et de "défendre les intérêts nationaux".

- L'UE vigilante -

Concernant le volet européen, M. Le Maire a rappelé avoir demandé à la Commission, "avec nos partenaires italien, espagnol et allemand, de préparer un règlement sur les investissements étrangers en Europe".

Il y a une semaine, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, avait d'ailleurs estimé qu'il fallait être "vigilant" face aux investissements chinois en Europe.

"Il ne faut pas être naïf, il faut aussi savoir que derrière les investissements, parfois, il y a beaucoup de subventions de l'Etat chinois", avait-elle mis en garde, appelant à ce que Pékin agisse pour qu'il y ait plus de réciprocité avec ses partenaires européens.

A Bercy, les sources démentent que ce renforcement du décret vise à empêcher les investissements du géant asiatique en France. "Au contraire, c'est parce que nous voulons plus d'investissements chinois qu'il faut leur dire clairement ce que nous voulons et comment nous le voulons", ont-elles assuré.

A ce propos, M. Le Maire, qui avait insisté sur le besoin de "réciprocité" lors d'une visite à Pékin en décembre, tout comme M. Macron la semaine dernière, a exigé de la transparence de la part des partenaires économiques de la France. "La clarté est un gage de confiance entre les nations", a-t-il insisté.

Le ministre a lancé un appel à la "lucidité" afin de "voir que la scène internationale se transforme à une vitesse stupéfiante et conduit à une profonde modification des rapports de force mondiaux et du jeu économique".

La décision française de renforcer son décret intervient à un moment où d'autres puissances économiques mondiales disposent déjà d'un tel dispositif.

Début janvier, Washington a, par exemple, bloqué début janvier le rachat du spécialiste américain des transferts d'argent MoneyGram par une firme financière chinoise affilié au géant de l'e-commerce Alibaba.

En 2016, l'Allemagne et l'UE n'avaient pu que subir, impuissantes, le transfert de technologies "made in Germany" lors de la reprise du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l'électroménager Midea, pour 4,6 milliards d'euros.

arz/edy/fka/cam

GENERAL ELECTRIC

ALIBABA GROUP HOLDING

ALSTOM

MONEYGRAM INTERNATIONAL

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