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Dépêches AFP

Retraites: à l'Assemblée, les oppositions promettent "la mère des batailles"


Une avalanche d'amendements, des contre-projets de réforme, une motion de censure et d'autres "surprises": les oppositions promettent une rude bataille des retraites en février à l'Assemblée nationale.

Les projets de loi sont présentés vendredi en Conseil des ministres et vont être aussitôt transmis au Palais Bourbon, où chaque camp fourbit ses armes, en parallèle de la mobilisation sociale.

Une commission spéciale de 70 députés de tous les groupes politiques, les plus engagés, va d'abord s'emparer des textes. Présidée par Brigitte Bourguignon (LREM, ex-PS), cette commission sera installée mardi 28 janvier et auditionnera aussitôt le gouvernement, avant les organisations syndicales et patronales le lendemain.

A la manoeuvre côté majorité, pas moins de sept co-rapporteurs (5 LREM, 1 MoDem, 1 Agir) qui feront le lien notamment avec le secrétaire d'Etat aux Retraites Laurent Pietraszewski.

"On est tous sur le pont", affirme le président des élus macronistes Gilles Le Gendre, en vue de cette "longue marche législative" qui doit mener à une adoption définitive de la réforme avant l'été.

Le responsable LREM assure ne pas redouter de dissensions internes, en particulier à l'aile gauche. Il se prépare au face-à-face avec les oppositions, qui pourraient "être tentées d'organiser un troisième tour social".

L'examen article par article débutera en commission le 3 février pour une longue semaine. La réforme de la retraite par points sera ensuite en première lecture dans l'hémicycle à partir du 17 février, pour deux semaines au moins.

C'est que la gauche, vent debout et qui s'efforce de s'unir, annonce "le plus d'amendements possible", et le recours à toutes les astuces de la procédure parlementaire. L'idée est de freiner les débats, comme à l'été 2018 lorsque l'affaire Benalla avait interrompu le cours de la révision constitutionnelle.

"S'il y a 10.000 amendements, ça va être compliqué", même avec le nouveau règlement interne de l'Assemblée censé accélérer les échanges, reconnaît-on chez LREM.

- "Pas les Martinez de l'hémicycle" -

"On connaît les ficelles, il faut les mettre en oeuvre", glisse à l'AFP le chef de file des députés communistes André Chassaigne, pour qui "c'est LA bataille", qui sera "massive".

Le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a déjà dégainé mi-janvier une proposition de motion de censure contre le gouvernement, qui nécessite 58 signatures parmi les 577 députés, soit l'ensemble de la gauche. Mais socialistes et communistes l'ont jugée trop précoce.

Il vaudra mieux l'utiliser "quand les débats bloqueront", préconise une figure de gauche. D'autres "surprises" seront au menu, assure-t-on, alors que chaque groupe organise des tours de garde pour être jour et nuit en séance.

A l'autre bord de l'hémicycle, pas d'obstruction en vue. "Notre stratégie est d'incarner une troisième voie entre le gouvernement et celles et ceux dans le blocage", avance le patron du groupe LR Damien Abad, vantant "une droite crédible, responsable et réformatrice".

L'exécutif "voudrait le même match que dans la rue mais on ne sera pas les Martinez de l'hémicycle", promet un élu de droite en référence à Philippe Martinez, le chef de la CGT.

Les Républicains, qui ont élaboré un contre-projet de réforme, comme la gauche, vont tenter de le décliner dans des amendements sur l'âge de départ (qui reculerait à 64 puis 65 ans) ou la pénibilité.

Droite comme gauche s'accordent cependant pour dénoncer un "texte à trous", entre renvoi de mesures à des ordonnances que le gouvernement prendra ultérieurement, et manque du volet financement.

La présidente du groupe PS Valérie Rabault fustige en outre une "impréparation".

Pour que "les droits du Parlement soient respectés", Damien Abad a demandé que la conférence de financement, qui réunira les partenaires sociaux à partir du 30 janvier, rende ses travaux avant le coup d'envoi dans l'hémicycle.

Une source LREM philosophe: "Il y aura beaucoup de houle au début des débats, notamment à bâbord (gauche), mais nous tiendrons le cap par épuisement des troupes. A tribord (droite), les arguments s'épuiseront rapidement".

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