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Retraites: faire de la journée d'action "un rendez-vous hors du commun" (Thibault)


Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a appelé les salariés à faire de la journée d'action de mardi prochain pour la défense des retraites "un rendez-vous hors du commun", lors d'une visite jeudi à l'usine Snecma de Colombes (Hauts-de-Seine).

"Il faut utiliser tous les jours à disposition, jusqu'au dernier moment, pour chercher à convaincre le plus grand nombre de participer à ce rendez-vous qui doit être hors du commun, parce qu'on est dans un contexte et sur un sujet qui est hors du commun", a déclaré Bernard Thibault, alors que la presse lui faisait observer qu'il multipliait les interventions depuis son retour de vacances.

Le leader de la CGT a souligné que, parmi les syndicats, "tout le monde est d'accord pour dire non à cette réforme qui va consacrer de plus petites retraites à l'avenir".

Selon lui, c'est "une réforme qui vise à faire des économies sur les retraites à venir, c'est le point le plus crucial de désaccord" entre les syndicats et le gouvernement.

Interrogé sur les propos la veille de François Chérèque, dont la démarche vise à faire "avancer tout ce qui permettra d'atténuer les effets" du projet gouvernemental, Bernard Thibault a répondu : "nous avons dit que nous irons au bout de cette affaire". "Jusqu'à quel point ? C'est la mobilisation qui le dira", a-t-il lancé.

En tout cas, le 7 septembre sera "tout sauf un mouvement d'humeur passager", a déclaré le secrétaire général.

Devant les grilles de l'usine, Bernard Thibault a ensuite pris la parole devant 200 à 250 salariés des 1.330 de la Snecma et d'entreprises voisines, notamment Alcatel.

Il a brandi le texte de l'accord d'entreprise - signé dès 1986 et amendé depuis - qui détermine quatre classes de situation professionnelles, définies par des critères de pénibilité, ouvrant droit à une cessation anticipée d'activité.

Cela montre qu'"il est possible de définir un cadre collectif reconnaissant une pénibilité par métiers, et qu'on peut avoir un accord à l'échelle nationale", a fait valoir le leader cégétiste.

Le gouvernement s'est refusé jusqu'ici à reconnaître dans son projet de réforme une pénibilité par métiers, prévoyant que tout salarié pourrait partir à 60 ans dès lors qu'un taux d'incapacité de 20% aura été constaté lors d'une visite médicale.

Interrogé sur "l'affaiblissement" du ministre du Travail Eric Woerth du fait de l'affaire Bettencourt, Bernard Thibault a souligné "la position très singulière du ministre du Travail qui a forcément l'esprit et son temps consacrés à autre chose que l'avenir des retraites des salariés". Cela, a-t-il dit, crée "une problématique un peu compliquée pour les organisations syndicales".

Il a aussi estimé que la France était "le seul pays européen où on examine une réforme de cette importance avec un gouvernement dont chacun sait qu'il est sur le départ".

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