En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus
Twitter Youtube

Dépêches AFP

Retraites: de Pietraszewski à Mélenchon... Les acteurs de la bataille à l'Assemblée


Un secrétaire d'Etat novice, une batterie de rapporteurs, la majorité et son aile gauche parfois remuante, face à des opposants ultra déterminés: coup de projecteur sur les acteurs de la grande explication sur les retraites à l'Assemblée.

Pietraszewski et Buzyn, un novice et une discrète

Secrétaire d'Etat aux retraites depuis fin décembre, Laurent Pietraszewski a la lourde tâche de porter la réforme la plus difficile du quinquennat à peine arrivé dans ses fonctions. L'ex-député du Nord a été propulsé à ce poste très exposé après le départ de l'ex-haut commissaire Jean-Paul Delevoye.

Réputé bon connaisseur des questions sociales, "Pietra", comme le surnomment les "marcheurs", s'était fait connaître dès le début de la législature en tant que rapporteur de la réforme controversée du Code du travail.

Auparavant, le secrétaire d'Etat de 53 ans au crâne dégarni, parfois adepte du jargon managérial et des boutades, a fait carrière chez Auchan, notamment dans les ressources humaines.

En commission spéciale retraites, il a d'abord été critiqué par l'opposition pour son "mutisme", avant de prendre plus d'assurance au fil des débats.

Agnès Buzyn n'est de son côté pas venue en commission. L'absence de la ministre des solidarités et de la Santé lui a valu des reproches des oppositions qui la soupçonnent de ne pas assumer le projet de loi.

"Excusez Agnès Buzyn, il y a une certaine urgence sanitaire dans notre pays, un certain nombre d'obligations", l'avait défendue M. Pietraszewski, dans une allusion au coronavirus.

L'ancienne médecin et ex-présidente de l'institut national du cancer, 57 ans, est parfois présentée comme une représentante de l'aile sociale du gouvernement. Elle s'est notamment fait remarquer lors de l'examen des projets de loi santé puis bioéthique, où son calme et ses réponses circonstanciées lui ont valu des marques d'estime, y compris de l'opposition.

Des "marcheurs" ex-PS aux commandes

Chez les députés, le texte est porté par pas moins de sept corapporteurs dont l'élu LREM et ex-PS Guillaume Gouffier-Cha en chef d'équipe.

Ancien conseiller de Jean-Yves Le Drian à la Défense lors du quinquennat Hollande, M. Gouffier-Cha a été choisi pour sa "loyauté" et parce qu'il est un "habile négociateur", selon une source parlementaire. Il a été relativement discret en commission.

Autre gage à l'aile gauche de la majorité, c'est encore un ancien socialiste, Olivier Véran, qui est le rapporteur du volet organique. M. Véran, médecin de profession, est par ailleurs rapporteur du budget de la Sécu.

Sur le volet ordinaire, le corapporteur MoDem Nicolas Turquois s'est retrouvé en première ligne en commission, entre remarques ironiques sur l'obstruction des insoumis ou argumentaire sur les agriculteurs, sa profession d'origine.

Autres rapporteurs, Jacques Maire, fils de l'ancien dirigeant de la CFDT Edmond Maire, ainsi que Corinne Vignon et Carole Grandjean (LREM) étaient des "ambassadeurs" retraites pour le groupe politique LREM. Le député Agir Paul Christophe complète le casting.

Des meneurs dans les oppositions

Pour cette bataille cruciale, tous les groupes ont mobilisé leurs troupes.

Le chef de file des insoumis Jean-Luc Mélenchon fait tout pour endosser le rôle de premier opposant à cette réforme. Il a assumé l'"obstruction" et prévenu que ça allait "chauffer tout le long". Clémentine Autain ou Adrien Quatennens ont multiplié les interventions en commission pour rejeter en bloc le projet de loi.

Chez les communistes, outre le chef du groupe André Chassaigne, ce sont surtout Pierre Dharréville et Sébastien Jumel, deux élus aux formules chocs, qui sont à la manoeuvre.

Le PS, lui, s'en remet à sa chef de file Valérie Rabault et au porte-parole du parti Boris Vallaud. L'ancien conseiller de François Hollande à l'Elysée, aux formules ciselées, n'a de cesse de fustiger "l'amateurisme" du gouvernement.

Côté LR, le président de groupe Damien Abad martèle à l'Assemblée que son parti veut incarner une "troisième voie". Le président de la commission des finances et ex-ministre du budget Eric Woerth intervient aussi régulièrement sur "l'absence" du volet financement dans le projet de loi.

Au RN, Sébastien Chenu n'est pratiquement pas venu à la commission spéciale dont il était membre, ce qui lui a valu des sarcasmes de LFI. "Nous défendrons nos amendements comme nous le faisons à chaque fois, en plénière", avait répliqué à distance Marine Le Pen.

Chez les "marcheurs", outre le gros des troupes, une aile gauche parfois remuante - avec notamment Martine Wonner ou Jean-François Cesarini - a bien l'intention de se faire entendre sur la pénibilité. Ou pour proposer des alternatives à l'âge pivot de 64 ans.

Retour

Un an avec le Groupe Alpha c'est :

400 matinées-débat

7 300 participants

110 salons professionnels

420 000 visites sur les sites du groupe

12 000 abonnés sur les réseaux sociaux