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Dépêches AFP

Syndicats et associations dénoncent un "assèchement délibéré" du budget de la Sécu


Le "retour au déficit" de la Sécurité sociale résulte "d'un assèchement délibéré de ses recettes", affirment jeudi 12 organisations qui demandent à l'Etat d'assumer le coût des "mesures d'urgence" concédées aux "gilets jaunes", dans une lettre adressée à Edouard Philippe et dont l'AFP a obtenu copie.

Sur les 5,4 milliards d'euros de déficit attendus cette année, la moitié est due à ces mesures (taux réduit de CSG pour certains retraités, exonération des heures supplémentaires) votées en décembre, juste après le budget de la Sécu.

Cette facture aurait dû être réglée par l'Etat, conformément à la loi Veil de 1994, rappellent les dirigeants nationaux des six syndicats (CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU) et six fédérations (France Assos Santé, Unaf, Fnath, Mutualité Française, Fehap, Uniopss) signataires de ce courrier au Premier ministre.

"Nous en appelons aujourd'hui solennellement au retour à la compensation intégrale", écrivent-elles, déplorant un choix budgétaire qui "met à mal l'autonomie (de la Sécu) et fragilise notre système de protection sociale".

Un système qui "craque de toutes parts" et "nécessite un haut niveau d'investissement", ajoutent-elles, réclamant "une revalorisation immédiate" des dépenses d'assurance maladie et des moyens supplémentaires "à la hauteur des enjeux" pour la prise en charge de la dépendance.

"Les signaux sont alarmants et l'urgence est là. Des décisions fortes doivent désormais être prises", insistent les 12 organisations.

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