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Changement climatique : une mission du Groupe Alpha à Cancun

Lundi 24 janvier 2011


Changement climatique : une mission du Groupe Alpha à Cancun

Organisée du 29 novembre au 10 décembre 2010, la Conférence de Cancún sur le changement climatique s’est clôturée par la signature d’un accord approuvé par tous les Etats, à l’exception de la Bolivie. Texte de compromis, cet accord témoigne des efforts entrepris par les 194 pays signataires de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique pour préserver le multilatéralisme onusien et rompre avec le défaitisme, né de l’échec de Copenhague.

 

Interview de Natacha Seguin (à droite sur la photo), chargée d’études au Centre Etudes & Prospective du Groupe Alpha, et de Urbana Gonçalves (au centre), consultante Secafi, qui ont accompagné la délégation de la Confédération syndicale internationale (CSI), regroupant 173 syndicalistes de tous les continents. La CSI représente 176 millions de travailleurs, au travers de 301 organisations affiliées nationales dans 151 pays et territoires. (à gauche sur la photo, Daniel Geneste, représentant CGT à Cancun. Retrouvez son interview sur www.secafi.com).

C’est la première fois que le Groupe Alpha est présent à la Conférence des parties de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). A quel titre et selon quel déroulé ?

Natacha Seguin : En 2009-2010, le Groupe Alpha, à la demande de la CFDT et de la CGT et conjointement avec Syndex, a mené une étude pour le MEEDDM (Ministère de l'Ecologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer) sur les impacts sociaux en termes d’emplois et de compétences induits par la mise en œuvre des politiques et mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), dit « Etude Emplois verts ». C’est à ce titre que le Groupe a été sollicité par les syndicats, présents au sein de la délégation de la CSI.

Urbana Gonçalves : En effet, dans un cadre tel que la Conférence de Cancun, somme toute contraint, le rôle de Secafi et du Centre Etudes & Prospective du Groupe Alpha est d’accompagner les organisations syndicales, leur apporter une expertise technique et les conseiller dans leur positionnement. Il faut rappeler que les enjeux de ce Sommet étaient les mêmes que ceux de la 15e Conférence de Copenhague : fixer les règles de l’après-Kyoto qui viendra à échéance fin 2012. Entré en vigueur en 2005, ce Protocole a déjà entraîné un certain nombre de conséquences économiques et sociales au niveau de l’Union Européenne. 11 000 installations industrielles des secteurs les plus émetteurs de GES sont soumises à des quotas d’émissions de CO2. 10% environ des installations concernent des entreprises françaises qui ont été amenées à intégrer cette limitation dans leurs décisions stratégiques. Elles choisissent notamment entre investir dans la R&D ou dans de nouvelles machines, en vue d’augmenter leur efficacité énergétique, ou délocaliser hors d’Europe vers des pays non soumis à ces contraintes environnementales. Ces choix contribuent aux mutations économiques et sociales des territoires, avec des conséquences majeures sur la vie des salariés, en termes d’emploi, de formation, de conditions de travail...

Natacha Seguin : Le mouvement syndical a dès lors un rôle essentiel à jouer pour accompagner ces mutations et faire en sorte que la Conférence ne se limite pas aux seuls défis environnementaux, mais qu’elle s’inscrive dans une dynamique plus large, incluant les volets économique et social, à savoir la transition juste et le travail décent. Ce qui a été réalisé à Cancùn peut être considéré comme une première étape réussie !

Comment cela s’est-il passé ? Quels sont les points saillants de cette Conférence 2010, annoncée au départ comme un coup pour rien et, au final, positive ?

Natacha Seguin : Avant la Conférence, la CSI nous a envoyé un programme de travail technique qui portait sur les positions du mouvement syndical, concernant notamment les politiques d’atténuation, d’adaptation, le financement et les mesures de riposte… contre le changement climatique. L’idée était que nous fassions entendre les propositions syndicales dans les groupes de travail de la Conférence. Toutefois, avec une ouverture des négociations basées sur un texte radicalement raccourci, et supprimant les notions chères à l’OIT de transition juste et de travail décent, la CSI a décidé de concentrer ses efforts sur la réintégration de ces références dans le texte des négociations. Les organisations syndicales sont uniquement observatrices à la Conférence. Elles n’ont pas le statut des Etats membres et, à ce titre, elles n’ont pas accès à tous les lieux de discussion et de débats. Les efforts pour faire passer les messages aux délégations des Etats en ont été d’autant décuplés, et avec succès !

Urbana Gonçalves : En effet, les organisations syndicales ont obtenu la réintégration des références à la transition juste et au travail décent dans l’accord de Cancun au sein de la section de la « Vision Partagée » qui fonctionne comme un résumé de l’accord et s’applique aux autres sections. A ce titre, Cancun représente une victoire syndicale, inscrivant dans le marbre le lien entre le changement climatique et les problématiques sociales, notamment d’emploi. Des enjeux majeurs s’annoncent désormais pour le mouvement syndical d’ici la prochaine Conférence de Durban fin 2011 : rendre opérationnelle la transition juste et s’assurer de la signature d’un accord engageant les Etats à réduire leurs émissions de GES de 25 à 40 % d’ici 2020 et de 85 % d’ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990, en vue de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C.

Selon vous, quels sont les enjeux pour un Cabinet tel que le Groupe Alpha d’être aux côtés des syndicats ? Quelle peut être votre légitimité à les conseiller ?

Urbana Gonçalves : Au-delà de l’étude « Emplois verts » que Natacha a citée et de celle qu’elle réalise chaque année sur le reporting social des entreprises du CAC 40, Secafi intègre de plus en plus souvent les questions climatiques dans ses missions de conseil et d’expertise auprès des comités d’entreprise (CE). Des mutations profondes de notre économie sont en cours pour s’adapter au changement climatique observé et pour limiter les nouvelles émissions de GES. En tant que conseil aux CE et aux CHSCT, nous serons naturellement amenés à vulgariser ces notions et tout ce que cela implique en termes de dynamiques sectorielles de notre économie, d’emplois à transformer et à créer demain, d’évolution des conditions de travail, etc.

Natacha Seguin : J’ajouterai à ce que Urbana vient de dire qu’il importe de répondre aux interrogations, entendues ici et là, sur la légitimité des organisations syndicales à être présentes sur les enjeux climatiques et à être associées à ce type de sommet. Il importe que les thématiques climatiques, et plus largement écologiques, deviennent un enjeu de dialogue social. Toutes les parties prenantes doivent se doter des outils et des moyens susceptibles de relever les défis de notre planète. Les syndicats et les IRP ont évidemment un rôle à jouer. Les enjeux climatiques soulèvent des questions techniques, politiques, économiques, sociales nouvelles. Le besoin d’expertise technique est grand et les réponses encore en construction. Partout dans le monde, le mouvement syndical cherche à participer à l’élaboration de ces réponses techniques et politiques pour mieux en comprendre et en anticiper les conséquences sociales. A Cancun, étaient présents, aux côtés de la CSI, des climatologues engagés. Un Groupe, tel que le nôtre, doit prendre le train en marche…

Urbana Gonçalves : … et, au Groupe Alpha, entre le CEP, Secafi et Sémaphores, nous avons les savoir-faire et les expertises pour y parvenir ! 

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