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Opinions

Pour une gestion de l'Emploi Socialement Responsable

Jeudi 9 novembre 2006


Est-il possible d’éviter des restructurations douloureuses ou, à défaut, d’en limiter les dégâts ? Oui, à condition de fédérer les acteurs de l’entreprise et des territoires en partant notamment d’un consensus sur le bien-fondé économique de la décision. Et de ne pas se contenter de faire de l’anticipation un slogan creux.

Le Ministre délégué au Travail vient d’annoncer des mesures pour faciliter la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC). Encore faut-il que le nouveau dispositif ne se contente pas de faciliter financièrement les départs volontaires sans perspectives sérieuses de nouvel emploi. Il faut donner du sens aux rendez-vous réguliers prévus par la loi de cohésion sociale pour faire vivre l’anticipation des mutations et la gestion de l’emploi qui en découle. Non pas une « GPEC du pauvre », précédant de si peu la restructuration qu’elle rebute les salariés et syndicats, mais une véritable démarche formatrice préparant les salariés à une mobilité ne relevant pas de la précarité. La sécurisation des parcours professionnels est à ce prix.

La lisibilité de la stratégie de l’entreprise est indispensable, de même que le débat sur les alternatives lorsque l’emploi est menacé. Le dialogue doit éviter les solutions irréalistes qui ne sont qu’une façon d’alimenter un blocage juridique, tout en excluant le formalisme désuet de procédures de consultation qui ne débouchent pas sur une vraie négociation. L’absence de dialogue bloque les procédures et retarde les opérations de reconversion pour les salariés licenciés. Lorsque le débat est assumé, la décision du chef d’entreprise, modifiée ou pas, gagne en légitimité. Il devient alors possible de s’entendre sur les outils répondant aux besoins des salariés licenciés et des territoires affectés par les pertes d’emplois. 

Sur le front de la revitalisation des territoires, une combinaison judicieuse de solutions permet d’atteindre un rythme de création d’emplois effaçant les pertes initiales en deux ou trois ans.

Sur le front des salariés menacés de licenciement, des techniques éprouvées et efficaces existent, des espaces Information Conseil aux bilans de compétences.

Il est ainsi possible d’arriver à l’objectif du « zéro licenciement contraint », le volontariat se substituant au traumatisme du licenciement subi. Même après un tel licenciement, un accompagnement par le biais des « antennes de reclassement » permet de doubler les chances de retour à l’emploi effectif et aboutit à des taux de solution supérieurs à 85%.

Au-delà de vaines polémiques, il y a sur ce terrain la place pour un service public de l’emploi rénové, tout en laissant des structures privées et d’autres, issues du monde associatif ou de l’économie sociale, assurer des relais efficaces et complémentaires. Les résultats de chacun doivent être évalués. Mais pour être efficaces, ces outils doivent être mis en place sans arrière-pensées.

Car les outils de la reconversion des salariés et des territoires ont un gros défaut. S’agissant de la recherche de solutions modestes mais efficaces, ils ne sont pas spectaculaires. Ils demandent du temps et une mobilisation de tous, y compris financière, au nom d’une responsabilité partagée de la gestion de l’emploi dans notre pays. Ils ne s’accordent pas aux affrontements stériles qui caractérisent fréquemment le traitement des difficultés d’entreprises. Mais nous savons, de notre expérience, qu’ils constituent la seule voie sérieuse et responsable pour les traiter efficacement et dignement.

Pierre Ferracci, Président du Groupe Alpha

 

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