Opinions
La pression du court terme ne doit pas fausser la réforme des retraites
Mardi 7 septembre 2010
Nous entrons, avec la tortueuse sortie de crise, dans un monde particulièrement incertain. A horizon décennal, il est possible d’imaginer des scénarios fort contrastés pour la croissance, l’emploi, la cohésion sociale, en France comme en Europe. Les renversements de pouvoir économique à l’échelle du monde, l’absence de récupération spontanée des pertes d’activité consécutives à la récession, la difficulté structurelle à remettre le système financier sur de bons rails, la défiance nouvelle envers la solvabilité des institutions publiques : autant de facteurs qui nourrissent cette incertitude.
Faire le gros dos en attendant que le pire soit passé n’est sûrement pas la bonne méthode. Ce serait une paralysie sousestimant la densité structurelle des problèmes à régler.Mais la précipitation n’est pas non plus bonne conseillère : elle conduit à prendre des décisions qui ont une finalité de long terme mais dont le contenu est à l’excès marqué par les circonstances. Ces décisions ne sont pas à retarder mais à calibrer de manière à prendre en compte l’évolution de paramètres clefs au fur et à mesure que le brouillard se dissipe. L’action publique doit s’efforcer d’infléchir cette évolution dans le sens souhaité et se corriger en fonction des informations nouvelles sur l’évolution effective. Ainsi, nombre de décisions publiques seront conditionnées par la trajectoire à venir de l’emploi, selon qu’il reste au plancher hérité de la crise ou retrouve une pente franchement croissante.
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Auteurs : Pierre Ferracci et Jacky Fayolle
Source : Les Echos



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