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Dépêches AFP

"Ici, il n'y a jamais foule": près de Marseille, le couvre-feu même dans les villages


"Ici, il n'y a jamais foule dans la rue": à Gréasque, petite ville provençale d'environ 4.000 âmes, des habitants s'étonnent de devoir se soumettre dès samedi soir à un couvre-feu, comme dans 89 autres communes de la métropole Aix-Marseille-Provence.

Au coeur de cette ancienne cité minière, seul un chat venu boire à la fontaine anime à la mi-journée la place du village à l'ombre des platanes. "La journée c'est déjà calme, alors à 21H00, c'est rare de voir quelqu'un ici à part quelques jeunes", décrit Isabelle Leclerc, 50 ans, dont la boulangerie donne sur la place.

A partir de samedi soir, la même règle s'appliquera pourtant dans 90 communes des Bouches-du-Rhône de la métropole d'Aix-Marseille, comme en Ile-de-France et 7 autres métropoles françaises: qu'elles comptent 300 ou 850.000 habitants comme Marseille, toutes seront sous couvre-feu de 21H00 à 06H00.

Pertuis et Saint-Zacharie, deux communes de la métropole situées respectivement dans le Vaucluse et dans le Var, n'entrent en revanche pas dans le cadre de l'arrêté rédigé par le préfet des Bouches-du-Rhône.

"Pas cohérent", "absurde", "du n'importe quoi": les habitants de Gréasque interrogés par l'AFP s'étonne de cette mesure annoncée mercredi par le président de la République, une "mesure de plus" qu'ils ne comprennent pas très bien.

"Jeudi matin, certains de mes clients n'y croyaient pas: ils pensaient que ça ne serait que pour Aix et Marseille... mais non!", raconte Mme Leclerc.

- "Un peu révolutionnaire" -

"Ici les gens jouent le jeu, mais qu'est-ce qu'on va devenir ? Les petits villages souffrent déjà énormément" de la crise sanitaire, s'inquiète la commerçante. Dehors, les bâtiments qui entourent la place adjacente ne sont qu'une enfilade de rideaux métalliques baissés.

S'ils ne l'apprécient pas tous, certains habitants acceptent tout de même la mesure, "surtout qu'avec l'hiver qui approche, on se retrouve moins", souligne Christophe Soulet, un autre boulanger de cette commune sur les hauteurs du massif de l'Etoile.

Les Gréasquéens, qui souvent travaillent sur d'autres communes, "vont choper le virus à Aix et à Marseille et le ramènent au village", s'inquiète le commerçant. Il se réjouit que la mesure ne s'applique pas seulement aux deux grandes villes du département : "ou tout le monde ferme, ou personne ne ferme".

Tony Bevilleacqua sort de la boutique, trois baguettes dans le sac à dos, et enfourche son vélo. "Un peu révolutionnaire", ce sportif compte bien continuer à aller courir dans les forêts qui entourent Gréasque pour éviter le triptyque : "travail, manger, dodo, et basta".

Du côté des élus, la mesure ne passe pas non plus. Plusieurs maires contactés par l'AFP ont déjà annoncé leur intention d'attaquer l'arrêté préfectoral devant le tribunal administratif de Marseille.

"On est enfermés dans une logique qui s'applique aux grandes villes", s'insurge le maire centriste de Gréasque, Michel Ruiz, qui estime sa commune "victime de la métropolisation".

"Est-ce que le virus devient moins toxique quand on sort de cette aire administrative? C'est kafkaïen !", abonde George Cristiani, président de l'union des maires des Bouches-du-Rhône.

Dans la commune voisine de Mimet, dont il est maire, il n'a déploré qu'un seul cas ces dernières semaines, sur environ 4.600 habitants. "Il faut arrêter le cinéma, c'est politique", fustige-t-il.

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