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Dépêches AFP

L'industrie française en reprise progressive, mais encore à consolider


L'industrie française enregistre une reprise progressive, illustrée par un solde net de créations d'emplois depuis deux ans et une image améliorée, mais l'embellie est encore fragile, selon des experts interrogés par l'AFP.

Au moment où le président Emmanuel Macron s'apprête à recevoir lundi des dizaines de chefs d'entreprise du monde entier pour promouvoir une France ouverte aux investissements étrangers et où l'Elysée met en vedette ce week-end des produits fabriqués en France, le gouvernement peut se prévaloir du fait que la désindustrialisation qui sévissait depuis 30 ans a été stoppée, entre mesures structurelles et initiatives pour davantage de visibilité.

"On a toute une batterie de soutiens, une politique de l'offre qui semble maintenant avoir diffusé ses effets", souligne Alexandre Mirlicourtois, économiste pour le cabinet Xerfi, qui relève des créations d'emplois dans l'industrie manufacturière, l'un "des signes les plus marquants de l'arrêt de la dégradation dans ce secteur" qui en avait perdu près d'un million en 20 ans.

La France comptait 2,7 millions de salariés dans l'industrie manufacturière en 2017, selon l'Insee.

Selon France Industrie, l'organisation représentant le secteur industriel français, "la création nette d'emplois a nettement repris dans l'industrie en 2018 et en 2019, ce qui ne s'était pas vu depuis 15 ans".

- l'industrie en transition -

"Le retournement est en route", juge aussi Marc Lhermitte, associé du cabinet EY, et coauteur d'une étude publiée lundi dernier qui place la France en tête de l'attractivité industrielle en Europe.

"L'essentiel de la performance (...) est produit par des décisions et des réformes assez tangibles", poursuit l'analyste, en citant le crédit impôt recherche, le CICE transformé ensuite en baisse de charges, la réduction de l'impôt sur les sociétés et la réforme du marché du travail.

"Il y a une vraie période de transition, qui est une période fragile, parce que les concurrents ne sont pas les bras ballants", observe-t-il. "On reste avec une énorme pression sur les coûts, qui est un vrai handicap".

Pour preuve, selon les derniers chiffres de l'observatoire de l'emploi industriel établi par l'institut Trendeo, le solde des ouvertures et fermetures d'usines en France est repassé dans le rouge en 2019 (105 ouvertures pour 119 fermetures) après trois années positives.

Le gérant de Trendeo, Davis Cousquer, note qu'il y a "de plus en plus d'extensions de sites industriels existants", alors qu'il est plus difficile d'en créer de nouveaux: "il y a une reprise, mais tout ça est très fragile".

L'emploi industriel est resté en hausse en 2019 avec près de 30.000 emplois créés, pour un solde net d'un peu plus de 11.000. Il s'agit néanmoins d'une baisse de moitié par rapport aux 20.000 emplois nets de 2018.

- l'image du "Made in France" -

Dans ce contexte, l'image du "Made in France" est "un accompagnateur, un amplificateur de confiance qui joue beaucoup dans les mécanismes de décision [d'investissement] des comités exécutifs", notamment étrangers, estime de son côté Marc Lhermitte.

"Le +Made in France+ est un gage de qualité et de style, cette élégance à la française réputée partout dans le monde, et qui marche", affirme Béatrice Brandt, directrice générale de la société Le Jacquard Français, qui réalise la moitié de son chiffre d'affaires à l'export.

Cette entreprise produit l'un des 120 objets fabriqués en France qui seront exposés au public ce week-end à l'Elysée. Mais si tous les métiers à tisser de son entreprise sont dans les Vosges, la confection est réalisée depuis 2008 en Tunisie, où elle reste "beaucoup moins chère".

"Hormis des questions de coûts, il y a des problèmes à trouver des couturières dans les Vosges/ Il nous faudrait recruter une trentaine de personnes et les former", explique-t-elle, illustration de la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée souvent invoquée par les industriels.

"Tout n'est pas rétabli, au niveau de l'emploi industriel et de la production industrielle. On n'est pas aux niveaux d'avant la crise de 2008", note M. Mirlicourtois, qui avertit que 2020 risque d'être plus compliquée, en raison notamment d'un secteur de l'automobile à la peine.

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