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Dépêches AFP

Prison: les syndicats se préparent à un "blocage total"


Les syndicats de surveillants de prison se préparaient à reprendre l'épreuve de force avec le gouvernement en appelant à un nouveau "blocage total" des établissements lundi, après leur rejet de propositions sur l'emploi et la sécurité.

Les syndicats appellent à un "blocage total" des 188 établissements en France à partir de 06H00 lundi, un mouvement reconductible "jusqu'à ce que le gouvernement entende (leurs) revendications", ont prévenu les responsables de la CGT et de FO.

"Les personnels sont fatigués et furieux. Le mouvement sera dur lundi et ne s'arrêtera pas si le gouvernement ne propose que des mesurettes", a prévenu le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire, Christopher Dorangeville.

Samedi, les deux syndicats ayant participé aux négociations avec le gouvernement, l'Ufap-Unsa (40%) et la CGT-Pénitentiaire (environ 15%) ont annoncé, après avoir consulté leurs militants, qu'elles ne signeraient pas le "projet d'accord". FO-Pénitentiaire, qui ne s'est pas assis à la table des discussions, a appelé à "amplifier la pression" pour faire notamment entendre des revendications salariales.

Le syndicat minoritaire CFTC-SLJ a indiqué dimanche s'associer à la mobilisation.

C'est l'agression de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres au sein d'une profession s'estimant mal reconnue. Une série d'agressions les jours suivants a ravivé la colère.

Vendredi à Borgo (Haute-Corse) deux surveillants ont ainsi été blessés par un détenu signalé pour radicalisation. Le détenu a été mis en examen dimanche pour "tentative d'assassinat".

L'Ufap-Unsa et la CGT dénoncent des propositions du gouvernement "bien en deçà des attentes des collègues mobilisés" notamment concernant les indemnités, le statut des surveillants. Ils jugent aussi insuffisantes la proposition de 1.100 créations de postes sur 4 ans.

Dans un communiqué dimanche, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a pris "acte du refus" de signer le texte pourtant négocié avec le gouvernement durant la semaine sur la base d'une plateforme commune de revendications.

Sans proposer de rencontrer à nouveau les organisations syndicales, la garde des Sceaux relève les "mesures concrètes pour renforcer la sécurité des personnels et des moyens" apportés par ce texte, citant la création d' emplois et une prise en charge spécifique des détenus radicalisés.

Mais pour le secrétaire général de FO-Pénitentiaire, Emmanuel Baudin, "la DAP (Direction de l'administration pénitentiaire) a refusé d'emblée de prendre en compte les demandes de revalorisation statutaire de FO, préférant discuter uniquement de questions sécuritaires avec d'autres syndicats. Résultat, on a perdu une semaine".

- "On se prépare " -

Les trois principaux syndicats demandent des revalorisations: soit indemnitaires (pour l'Ufap), avec une revalorisation des primes de nuit ou de pénibilité, soit statutaires (pour FO et la CGT), avec le passage pour les agents de la pénitentiaire de la catégorie C à la catégorie B.

La présidente LR d'Ile-de-France Valérie Pécresse a proposé dimanche la construction de "centres de détention d'urgence" pour alléger la surpopulation carcérale et faire baisser les tensions.

Comme la veille, la mobilisation des surveillants se poursuivait au ralenti dimanche.

Les prisons de Borgo et celle de Gradignan (Gironde) étaient totalement bloquées, a-t-on indiqué de source syndicale et à la DAP.

"Des retards à la prise de service ont eu lieu dans une dizaine d'établissements", dont Beauvais (Oise), Lille-Loos-Sequedin, Val-de-Reuil (Eure), Rennes-Vezin, Lorient (Morbihan) et Valence (Drôme), selon la même source.

La fébrilité a gagné les prisons de Sequedin et Maubeuge (Nord) où des détenus ont refusé dimanche après-midi de regagner leur cellule après la promenade. La situation est rentrée dans l'ordre après l'intervention d'équipes spécialisées, ont indiqué la DAP et l'Ufap-Unsa pour les Hauts-de-France.

Les grandes maisons d'arrêt de la région parisienne, Fleury-Mérogis et Fresnes, touchées par des retards ou débrayages les jours précédents, n'étaient pas concernées par la mobilisation des surveillants dimanche. Pas de débrayage non plus à la maison d'arrêt du Val d'Oise.

"Aujourd'hui, on se prépare. Les collègues vont chercher des pneus et des palettes pour les barrages de demain", a indiqué un surveillant en Normandie.

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