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Dépêches AFP

La Sécu au fond du trou, plus de 50 milliards de déficit attendus en 2020


Le coronavirus n'en finit pas de pousser vers les abysses la Sécurité sociale, dont le déficit devrait atteindre 52,2 milliards d'euros en 2020, un niveau jugé "extrêmement inquiétant" par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin.

Onze milliards en six semaines: la Sécu encaisse toujours le choc du Covid et n'a pas encore touché le fond.

La crise sanitaire "plonge dans le rouge les comptes publics de manière générale et singulièrement les comptes sociaux", a souligné M. Darmanin lors d'une audition devant les commissions des Finances et des Affaires sociales de l'Assemblée nationale.

"A l'heure où je vous parle, nous sommes à une dégradation de 52,2 milliards d'euros, c'est-à-dire qu'on a une dégradation (...) d'un peu plus de 10 milliards d'euros" par rapport à la dernière prévision du gouvernement.

"Evidemment ce sont des chiffres très préoccupants" et "extrêmement inquiétants", a-t-il ajouté, en évoquant un déficit "historique" pour la Sécurité sociale.

Lors d'une audition face au Sénat le 22 avril, Gérald Darmanin avait évalué le déficit 2020 à 41 milliards d'euros, soit un niveau "jamais vu". Le précédent record, atteint en 2010 durant la crise financière, était de 28 milliards d'euros.

L'épidémie et ses conséquences affectent aussi les comptes de l'Etat, qui "prend très largement sa part", avec un déficit de 220 milliards qui sera inscrit dans le nouveau budget rectificatif - le troisième cette année - présenté en conseil des ministres le 10 juin.

"C'est plus de quatre fois le déficit de la sécurité sociale", a insisté M. Darmanin. C'est aussi plus du double de la prévision initiale (93 milliards), déjà fortement dégradée en avril (170 milliards).

Depuis, les prévisions économiques de l'exécutif se sont assombries: mardi matin, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé une récession de -11% cette année, contre -8% précédemment.

- "horizon 2024-2025" -

La masse salariale, sur laquelle sont prélevées les cotisations sociales, devrait pour sa part connaître une "attrition" de 9,7%, contre 7,5% auparavant, a précisé M. Darmanin.

Autant de recettes en moins pour la Sécu, qui devra aussi passer "une provision de 5 milliards" pour les reports de cotisations accordées aux entreprises et dont le paiement pourra être étalé jusqu'à 36 mois.

En revanche, les "annulations de charges" prévues dans certains secteurs (hôtellerie, restauration, tourisme, sport, culture...) seront "compensées par l'Etat", pour un montant évalué à 3,5 milliards d'euros "pour l'instant".

Côté dépenses, les 8 milliards de crédits supplémentaires annoncés en avril pourraient être dépassés, selon le comité d'alerte sur les dépenses d'assurance maladie.

Dans un avis rendu samedi, cet organisme estime à au moins 9,5 milliards d'euros le coût des achats de masques, remboursements de tests, arrêts de travail "dérogatoires" et autres primes pour les hôpitaux et les Ehpad.

Malgré ces nouveaux éléments, M. Darmanin a exclu mardi de présenter un projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) rectificatif, préférant attendre "que les choses se stabilisent, ce qui va commencer avec le déconfinement".

Ce qui ne l'a pas empêché d'évoquer un possible retour à l'équilibre de la Sécurité sociale d'ici quatre ou cinq ans, en réponse au président de la commission des Finances, Eric Woerth (LR).

"On pourrait imaginer" ce retour à "l'horizon de l'année 2024-2025, mais ce n'est pas un objectif pour l'instant totalement affiché, comme nous ne connaissons pas exactement la base de laquelle nous partirons cette année", a-t-il expliqué.

Le chiffre qui figurera fin septembre ou début octobre dans le prochain PLFSS sera quoi qu'il en soit bien éloigné du déficit enregistré en 2019 (1,9 milliard).

Un résultat proche du retour à l'équilibre attendu depuis 2001 et sur lequel le gouvernement tablait initialement, avant d'être - déjà - contraint de revoir ses plans par l'irruption des "gilets jaunes".

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