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Opinions

La COP, un énième terrain d’affrontement pour la Chine et les Etats-Unis

Wednesday 9 December 2015


La position des Etats dans la CoP est principalement dictée par deux considérations : le poids de leur responsabilité dans les émissions mondiales ET le poids des secteurs les plus polluants dans leur économie nationale. La Chine et les Etats-Unis étant responsables de 45% des émissions mondiales, une des principales grilles de lecture des négociations est l’affrontement Chine/Etats-Unis[1], les deux Etats jouant au jeu de la barbichette.

Pour les républicains américains, qui tiennent les rênes en matière de politique internationale,  « le mode de vie américain n’est pas négociable[2] ». Ce n’est pas la promesse de leur indépendance énergétique d’ici 2030[3] qui pourrait les faire changer de point de vue. Ils refusent de s’engager sur un cadre contraignant et ambitieux de limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), au motif que la Chine est devenue le premier émetteur de GES.

La Chine, avec le soutien des pays émergents, se réclame d’un principe fondateur de la CCNUCC, la responsabilité partagée mais différenciée : son développement économique étant beaucoup plus tardif que celui des Etats-Unis, elle ne peut donc être tenue responsable de la concentration des GES dans l’atmosphère. Par ailleurs, ses émissions de Co2 sont en grande partie liées aux exportations. Les émissions liées à la production de biens pour l’exportation[4] devraient donc venir en déduction des émissions de Co2 chinoises[5].

La situation  géopolitique est évidemment plus complexe, mais la grille de lecture Chine/ Etats-Unis et « affidés » est avérée en matière climatique, comme dans d’autres domaines.

 

 Pour aller plus loin :

 


Auteur : Natacha SEGUIN - Centre Etudes & Prospective


[1] Il y en aurait d’autres notamment les relations Chine/Inde, les pays de l’OPEP, etc.

[2] George W. Bush, Kyoto, 1996.

[3] Agence internationale de l’énergie.

[4] En France, les émissions moyennes nationales par personne sont de 7,3t, l’empreinte carbone est de 10,6t.

[5] Lucas Chancel et Thomas Piketty montrent que les émissions de Co2 « ne dépendent pas seulement des inégalités de revenu à l’intérieur des pays, mais aussi des évolutions en matière d’émissions liées à la consommation entre pays ». Pour plus de précisions, lire « Carbone et inégalité : de Kyoto à Paris », Ecole d’économie de Paris, 3 novembre 2015.

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