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Opinions

Signature de l'accord de la Cop 21. Enjeux et perspectives

Friday 22 April 2016


INTERVIEW de Natacha Seguin, Chargée d’études au Centre Etudes & Prospective du Groupe ALPHA

Groupe ALPHA : Quelles suites concrètes à cet Accord du 12 décembre 2015 présenté, alors, comme historique ?

 

 

Natacha Seguin : A priori, tel que cela a été annoncé par Madame Royal, présidente de la COP21, la Cérémonie se tiendra dans des conditions optimales, avec la présence de nombreux chefs d’Etats et la quasi-certitude que la signature soit l’une des plus réussies depuis la naissance de l’ONU ! Dans les prochains jours ou semaines, nous pourrons voir si les conséquences directes qui doivent en résulter suivent dans le même état d’esprit enthousiaste et si les Etats nationaux ratifient l’accord en bonne et due forme ! Sans cette étape, on n’avancera pas dans la bonne direction, c’est certain. Or, d’après les échos que nous enregistrons, nous savons d’ores et déjà que rien n’est évident.

Groupe ALPHA : Si cette ratification intervient, quelle sera l’étape suivante ?

Natacha Seguin : Une fois les ratifications étatiques intervenues, l’enjeu suivant consistera à se demander comment l’on passe du QUOI au COMMENT ? Le QUOI, c’est le fait pour l’ensemble des signataires de décembre 2015 de reconnaître que le changement climatique est une réalité et que l’Homme en est à l’origine. C’est un énorme acquis ! Mais, le QUOI, c’est aussi d’accepter les alertes des scientifiques et de reconnaître qu’il faut maintenir la trajectoire de réchauffement à 2°C, voire moins, d’ici 2100. Or, on est très loin de cet objectif. Si on continue sur la lancée actuelle, on va droit sur une trajectoire autour de  3°C, soit très au-delà de l’objectif impérieux ! Et le COMMENT, c’est comment on fait en sorte de garantir les engagements signés par les Etats. Prenons le seul cas de l’Europe. L’Allemagne et la France plaident pour un relèvement des ambitions de l’UE, mais d’autres non, au premier rang desquels la Pologne et l’Italie, dont l’économie est très largement tributaire des énergies fossiles.

Groupe ALPHA : Quelles solutions si les positions sont tellement crispées ?

Natacha Seguin : Il n’y en a pas 36 ! Il faut effectivement que les Etats mettent en cohérence leurs politiques nationales avec les engagements de la COP21, soit en termes de réduction d’émissions de CO2, ce qui, à l’évidence, est plus difficile pour certains, soit en mobilisant les financements nécessaires pour adapter leurs industries. Mais cela ne pourra se faire qu’en discutant avec tous les acteurs impactés par ces changements, au premier rang desquels les citoyens et les salariés. La transition écologique n’est possible qu’à condition qu’elle soit juste, c’est-à-dire qu’elle prenne en compte les implications sociales, tout comme cela doit être le cas de la transition numérique. Il faut que les acteurs se mettent en mouvement de manière cohérente et que la puissance publique fixe un cap en levant les ambivalences de ses politiques publiques. A ce titre, des rendez-vous annuels, tels que la COP21, permettent aux différents acteurs (citoyens, entreprises, collectivités…) de mesurer le chemin parcouru et d’attester de véritables actions mises en place localement, au niveau des villes et des régions.

Pour en savoir +Regargez les vidéos de témoignages d’élus régionaux, d’acteurs associatifs, de responsables d’entreprises, etc.par le Groupe Alpha 

 

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