“Partage de la valeur, remède aux inégalités”
Session 48 du 3e jour des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, samedi 4 juillet 2026. Une table-ronde coordonnée par Alexandra Roulet, membre du Cercle des économistes, organisateur de l’événement, et modérée par Valérie Hacot, Cheffe du service économie chez Libération, avec, aux côtés d’Estelle Sauvat, Présidente du Groupe Alpha, Karim El Aynaoui, Président Exécutif du Policy Center for the New South, Jacques Le Pape, Président du conseil d’administration de CCR, Benjamin Pedrini, Directeur général d’Epsor, et Carlos Vieira, Président de Caixa Econômica Federal.
Estelle Sauvat a notamment déclaré :
“En tant que vigie, sentinelle de ce qui se passe dans les entreprises, ce que l’on observe, c’est la façon dont les richesses se créent, la façon dont les richesses se répartissent, la façon dont les richesses se discutent. Et le partage de la valeur, ce n’est ni une révolution silencieuse, ni un trompe-l’œil, c’est bien la création de dispositifs réels qui sont à la main des entreprises et c’est le ferment de la confiance en entreprise. Alors, aujourd’hui, le manque de transparence est problématique à l’heure où les questions de pouvoir d’achat sont si présentes dans le débat public. […]. C’est un dispositif vertueux, dans l’intention, s’il est bien utilisé, mais cela devient complexe au fil des évolutions. Cela progresse peu. 8 salariés sur 10 dans les grandes entreprises mais seulement 2 dans les PME. Aujourd’hui, les accords sociaux sont inexistants, donc, un déséquilibre manifeste sur ce que produisent les lois depuis un quart de siècle. D’où ce sentiment frustrant constaté par nous tous. Alors qu’il faut aller plus loin.”
[…].
“On utilise, au Groupe Alpha, tous les dispositifs mais on s’est intéressés à dialoguer avec nos administrateurs salariés. Le débat, malgré le fait d’avoir ces dispositifs, ne permettait pas d’avoir de la transparence. On s’est axés sur l’analyse de la valeur, sur la durée, depuis 43 ans d’existence. Nous avons les données, nous sommes capables de faire ces calculs. En poussant le dialogue, nous distribuons les fruits de la croissance aux salariés.”
[…].
“Identifier des méthodes & scenarii nouveaux, pour voir ce que la performance a produit. Les dispositifs qui existent aujourd’hui ne fonctionnent pas, c’est un constat général. Nous insistons sur la nécessité d’un réel dialogue dans l’entreprise. Avec une notion qui me semble essentielle : éclairer les connaissances, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il est sans doute plus que temps d’accepter la construction d’un rééquilibrage, et cela passe par le dialogue social et, aussi, par le fait d’avoir le courage de poser les enjeux et données, d’éclairer la connaissance. Et, naturellement, d’associer les salariés aux décisions stratégiques. Il faut ainsi sans doute un opus 2 à la loi Pacte et, surtout, prévenir les effets de substitution entre rémunération et primes !”
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