Rentrée 2026 : une conjoncture mondiale entre choc énergétique et incertitudes financières

Deux fois par an, les chargés d’études du pôle Etudes & Prospective du Centre Etudes & Data du Groupe Alpha analysent les grandes tendances macro-économiques, en particulier pour les données concernant l’emploi, le marché du travail, la situation financière des entreprises et autres évolutions essentielles pour vous, acteurs des entreprises françaises, d’autant plus dans un contexte européen et international aussi mouvant. Avec, pour ce 2nd semestre 2026, les tendances suivantes :

Publication de la Note de conjoncture Septembre-Octobre 2026 du Centre Etudes & Data du Groupe AlphaSept mois après son déclenchement, le conflit reste sans issue et continue d’alterner accalmies et tensions, la dernière reprise des attaques (septembre) ayant de nouveau perturbé le trafic dans le détroit d’Ormuz. La production énergétique du Golfe reste amputée de 8,3 Mb/j par rapport à son niveau d’avant-guerre, une perturbation d’une ampleur inédite, supérieure aux chocs pétroliers de 1973 et 1979. La crise au Moyen-Orient perturbe la conjoncture 2026, redessine les trajectoires énergétiques et macroéconomiques mondiales.

  • Croissance, inflation, commerce, les grands équilibres se fragilisent : une croissance mondiale ralentie, une inflation persistante et des échanges commerciaux fragmentés mais soutenus par le secteur technologique.
  • L’asymétrie du choc énergétique, amplifiée par la fracture technologique : les importateurs subissent une inflation importée classique, tandis que les exportateurs, pourtant théoriquement gagnants, voient parfois cet effet neutralisé par la réduction de leurs propres capacités de production, à l’image de l’Arabie saoudite. L’IA vient rebattre ces cartes au-delà du seul clivage importateur/exportateur, en constituant un amortisseur à certaines économies pourtant importatrices d’énergie.
  • États-Unis et Chine : une croissance soutenue par l’offre mais freinée par la demande interne et externe : les deux premières économies mondiales ralentissent en 2026. L’activité aux États-Unis reste soutenue par l’investissement technologique et en Chine, par les exportations. Dans les deux cas, la demande intérieure atone freine la croissance.

En Europe, un ralentissement global, mais des trajectoires nationales contrastées. Les économies européennes subissent un ralentissement lié au retour de l’inflation et aux tensions géopolitiques. Cette tendance régionale masque toutefois des disparités : l’Espagne conserve une croissance dynamique portée par l’investissement, tandis que l’Italie maintient une trajectoire plus modérée mais résiliente.

En France, une économie en berne face à une multitude de chocs :

  • La France décroche en 2026, pénalisée par une activité atone et des fragilités internes.
  • Le retour de l’inflation, sous l’effet du choc énergétique.
  • Le pouvoir d’achat des ménages se dégrade. Le recul du pouvoir d’achat ne se limite pas aux seuls salaires et touche aussi les revenus de transfert : l’accélération de l’inflation entraîne une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat ; la consommation résiste mais les ménages restent prudents. NB [actualité liée aux déclarations du Premier Ministre le 4 octobre 2026] : l’érosion globale du revenu disponible brut (RDB) des ménages en 2026 pourrait toutefois être très légèrement amortie au quatrième trimestre par la mise en place des nouvelles mesures d’aide du gouvernement, notamment l’indemnité carburant ciblée de 100 € versée aux grands rouleurs et le relèvement du plafond de la prime transport employeur à 1 000 €.
  • L’activité productive reste contrainte par des chocs sectoriels et climatiques.
  • Les entreprises sous pression, entre marges comprimées et attentisme.
  • Le ralentissement économique se transmet au marché de l’emploi.

Focus sur la politique monétaire et les marchés financiers, sous plusieurs dimensions :

  • L’augmentation des taux souverains : une tendance mondiale.
  • La France emprunte désormais aussi cher que l’Europe du Sud.
  • Banques centrales : un arbitrage difficile entre la lutte contre l’inflation et le soutien à la croissance.
  • Des marchés portés par l’IA, mais rattrapés par le coût du capital.

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2026-10-12T16:05:24+02:00